Académie d'agriculture de France

Que sait-on des résidus de pesticides dans l’alimentation ?


Jean-Louis BERNARD & Bernard AMBOLET, membres de l'Académie d'Agriculture de France le 16/11/2021 à 06:47
(©Pixabay)

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La question de la présence éventuelle, dans les aliments, de traces des substances utilisées comme insecticides ou fongicides a été posée voici plus de deux siècles. À cette époque, l'interrogation visait uniquement des composés d'origine végétale (ex : extraits de tabac) ou minérale (ex : chaux, sels de cuivre, d'arsenic…). Depuis, chaque époque a cherché des réponses rationnelles en fonction de la nature des questions, de l'état des connaissances et de la valeur des méthodes d'analyses disponibles. Le point avec l'Académie d'agriculture de France.

Au fil des décennies, le sujet s’est complexifié en raison du nombre grandissant et de la diversité des substances utilisées pour la protection des plantes, de la sensibilité croissante des moyens de détection, de l’écheveau des réglementations nationales et internationales et la multiplication des catégories d’usage réglementaire. Pour la mise en marché des produits, l’instauration de procédures officielles nationales, puis européennes, et le progrès scientifique ont permis de renforcer la valeur des réponses apportées. La création de limites maximales de résidus, l’harmonisation progressive des normes internationales et la mise en place de réseaux de surveillance publiant des rapports, sont maintenant de nature à clarifier le sujet et à fournir des réponses solides. […]

En Europe, la surveillance exercée par les États et le regroupement de l’ensemble des études conduites sur les résidus de substances phytopharmaceutiques dans les aliments permettent de disposer de données très solides pour juger de la situation et de son évolution dans le temps.

Sur une période de plus de vingt années, il est ainsi possible de conclure que la majorité des denrées alimentaires issues de l’agriculture ne contiennent pas de résidus.

Dans une fraction mineure des échantillons analysés, un ou plusieurs résidus sont quantifiables à des niveaux inférieurs aux limites maximum autorisées.

Il existe enfin un faible pourcentage de denrées qui sont en infraction avec ces limites. Elles résultent majoritairement de traitements de post-récolte, de denrées importées et de distorsions entre des réglementations nationales qui, tout en allant vers plus d’harmonisation, demeurent encore hétérogènes.

Synthèse du programme européen d’analyses des résidus de produits phytopharmaceutiques dans les denrées alimentaires. Moyenne 1996-2017 du réseau d’études regroupant les pays de l’UE + Norvège et Islande coordonné par l’EFSA (Source : rapports annuels de l’EFSA)

La nature, la fréquence et le niveau des contaminants détectés permettent régulièrement aux autorités de surveillance de conclure que l’exposition aux résidus de pesticides par voie alimentaire des consommateurs européens est peu susceptible de présenter un risque pour leur santé.

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