Les semences végétales restent une force pour la souveraineté française
TNC le 11/08/2026 à 10:42
Le secteur semencier français n’échappe pas aux difficultés liées au changement climatique, à la concurrence internationale et aux perturbations géopolitiques, mais il parvient à se maintenir au premier plan mondial, assurant ainsi un maillon solide pour la sécurité alimentaire hexagonale.
Dans le secteur de la génétique végétale, la France, premier producteur européen de semences, est également le deuxième exportateur mondial. La balance commerciale en la matière a progressé de 44 % en 10 ans pour atteindre 1,21 milliard d’euros en 2024-2025, mais toutes les semences ne contribuent pas de la même façon à ce bon résultat, explique Clarisse Bonhomme, chargée de mission économique à Chambres d’agriculture France, dans la dernière publication de l’organisation.
Céréales et oléagineux tirent les performances vers le haut
Les semences de céréales et d’oléagineux représentent ainsi 70 % de l’excédent, porté par le maïs, dont l’évolution des exportations illustre les principaux défis de la filière semencière. Si les aléas climatiques jouent un rôle direct dans la production, et donc la capacité à exporter, les dernières années ont également vu la concurrence internationale s’accroître et les tensions géopolitiques modifier la géographie des échanges.
Les exportations de semences de maïs vers l’Ukraine ont ainsi diminué de 40 % entre 2017-2021 et 2022-2025, période qui a vu le pays devenir exportateur net et entrer en concurrence directe avec la France. En parallèle, le marché russe s’est également fermé, tandis que le débouché biélorusse a pu être renforcé, les Ukrainiens perdant la possibilité d’y exporter.
D’une façon plus générale, les exportations françaises de semences de grandes cultures se font principalement vers l’Union européenne (82 % des exportations totales en 2024-2025), notamment vers l’Allemagne, la Pologne et l’Espagne.
Valeur ajoutée des potagères et florales, déficit en fourragères
Les semences potagères et florales représentent quant à elles 27 % de la balance commerciale, pour des exportations qui ont atteint 610 millions d’euros en 2025 (+ 63 % en 10 ans). Elles sont destinées à 156 pays dont parmi les principaux l’Espagne, les Pays-Bas et l’Italie au sein de l’UE, la Russie et la Chine hors UE. « En revanche, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie semblent avoir pénalisé les exportations françaises vers ce pays : elles sont passées de 11,5 millions d’euros en 2023 à 0,45 millions d’euros en 2025 », indique Clarisse Bonhomme.
Par ailleurs, la France est structurellement déficitaire en semences fourragères (à l’exception de la luzerne), avec 110 millions d’euros d’importations en 2024-2025. En raison du changement climatique, certaines espèces comme le trèfle violet s’avèrent plus difficiles à produire sur le sol français. Néanmoins, « le déficit des échanges tend à diminuer », explique l’économiste, passant de 104 millions d’euros en 2021/2022 à 64 millions d’euros en 2024/2025.
Dans un contexte climatique et de marché de plus en plus tendu, la filière semences française parvient donc à maintenir ses performances. « Le savoir-faire construit au fil du temps s’appuie sur des moyens importants dédiés à l’innovation et sur une organisation solide de la production et de la distribution qui contribuent à la reconnaissance internationale de la qualité des semences produites en France », souligne Charlotte Bonhomme.