L’excédent commercial laitier français bondit de 53 % sur huit mois
TNC le 04/11/2026 à 10:22
Les exportations laitières françaises ont fortement progressé en volume sur les huit premiers mois de 2026, sans rapporter beaucoup plus. Porté par ces volumes et par une facture d’importation en net recul, l’excédent commercial bondit de 53 %, selon les Tendances d’octobre de l’Idele.
Davantage de volumes, mais pas beaucoup plus de recettes. Sur les huit premiers mois de 2026, les exportations françaises de produits laitiers ont augmenté de 12,5 % en volume équivalent lait par rapport à 2025. En valeur, elles n’ont gagné que 1 %, à 6,128 milliards d’euros. En cause : des valeurs unitaires à l’export qui ont « fortement diminué dans le sillage des cotations », expliquent les Tendances lait de l’Idele.
Le lait vrac exporté a perdu 52 % de sa valeur unitaire, le beurre 26 %, la crème 21 % et les laits conditionnés 33 %. Les fromages ont mieux résisté : le repli n’est que de 3 %.
Côté volumes, la hausse vient notamment du lait vrac, de la poudre maigre et du beurre. Les exportations de lait vrac ont plus que doublé (+ 108 %), tirées par les achats des Pays-Bas et de l’Espagne. La poudre maigre progresse de 27 %. Pour ces deux produits, les débouchés sont variés : les Pays-Bas en tête (16 % des volumes, + 38 %), devant l’Italie (9 %, + 7 %) et l’Égypte (9 %, + 65 %). Les ventes vers l’Indonésie ont bondi de 285 %.
Les exportations de beurre affichent aussi une forte croissance : + 29 % en volume. La Belgique est le premier client (15 % des volumes, + 20 %), devant la Corée du Sud (8 %, + 5 %), l’Espagne (7 %, + 52 %), les Pays-Bas (7 %, + 124 %) et la Chine (7 %, + 37 %). Les envois vers les États-Unis (5 % des volumes) progressent de 16 %.
Toutes catégories confondues, la dynamique s’est toutefois « quelque peu atténuée » en juillet et en août, « dans un contexte de stabilisation de la collecte laitière française ».
Deux catégories font exception. Les poudres de lait infantile chutent de 9 % en volume, mais leur valeur unitaire grimpe de 19 %, à contre-courant des autres produits. Surtout, les fromages, premier poste d’exportation français de produits laitiers, reculent de 1 % en volume, et même de 13 % pour les râpés.
Résultat, les recettes à l’export reposent un peu moins sur les fromages : ils n’en représentent plus que 41 %, contre 43 % l’an dernier sur la même période. La part des ingrédients secs passe de 26 à 29 %, « portée notamment par la forte hausse des exportations de poudre maigre ».
Dans l’autre sens, les importations françaises de produits laitiers progressent aussi : + 6,3 % en volume sur les huit premiers mois de 2026. Une hausse tirée par les fromages (+ 13 %) et les yaourts (+ 27 %). Les fromages frais importés augmentent de 16,1 %, portés par l’Italie (55 % des volumes, + 24 %). Les volumes allemands, deuxième fournisseur, sont stables.
Les achats de fromages râpés bondissent de 31,6 %, avec une envolée des volumes belges (+ 70 %) et néerlandais (+ 50 %). Côté yaourts, l’Allemagne reste le premier fournisseur (35 % des volumes, + 12 %), devant la Grèce (16 %, + 34 %) et l’Islande (11 %), dont les volumes ont plus que doublé (+ 119 %).
Sauf qu’en valeur, ces importations reculent nettement « sous l’effet de la baisse des prix » : 4,031 milliards d’euros, soit 15 % de moins qu’en 2025. Les prix unitaires à l’importation ont plongé de 38 % pour les crèmes, de 32 % pour le beurre, de 17 % pour les yaourts et de 14 % pour les fromages. Les fromages représentent désormais 54 % de la facture totale, contre 47 % un an plus tôt, et le beurre 21 % contre 28 %.
Au total, entre des volumes exportés en forte hausse et des importations en net recul en valeur, l’excédent commercial laitier atteint 2,097 milliards d’euros sur les huit premiers mois de 2026, en hausse de 53 % sur un an. Il reste stable pour les fromages, mais s’améliore nettement pour la crème (+ 206 %), la poudre maigre (+ 24 %) et le lait infantile (+ 14 %). Le déficit commercial en beurre se réduit de 65 %, grâce à des exportations en hausse et des importations en recul.
