Face aux chocs, le soutien public à l’agriculture a crû de 15 % en deux ans, selon l’OCDE


AFP le 02/11/2026 à 17:29

Le soutien public à l'agriculture a augmenté de près de 15 % entre 2023 et 2025 sous la pression de crises plus fréquentes, géopolitiques, économiques et climatiques, indique lundi un rapport de l'OCDE portant sur 56 pays, qui appelle à privilégier des mesures de long terme.

Ce soutien, de plus de 950 milliards de dollars en 2025 (soit 19,1 % de la valeur de la production agricole de ces 56 pays), « a consisté en grande partie en des mesures à court terme pour faire face aux crises, plutôt qu’à renforcer la résilience du secteur aux risques futurs », estime l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Le rapport couvre les politiques des 38 pays membres de l’OCDE, mais aussi de 13 émergents comme la Chine, le Brésil ou l’Inde, le tout représentant une large part de la production mondiale.

Dans les économies émergentes, il s’agit souvent de mesures de soutien aux prix des produits sur le marché intérieur (surtout à la hausse, mais parfois à la baisse). Les pays de l’OCDE ont eux plutôt recours à des dépenses directes (aides d’urgence, soutien à l’achat d’engrais, etc.).

Or près de quatre cinquièmes des aides aux exploitants agricoles sont accordées sans aucune exigence (seules 5,7 % sont liées à l’adoption de mesures environnementales volontaires et 15 % au suivi d’une norme), note le rapport.

En revanche, les dépenses affectées à des services d’intérêt général (infrastructures, recherche-développement, innovation…) ont représenté juste 2,4 % de la valeur de la production agricole (contre 4,6 % entre 2000 et 2002), soit 118 milliards de dollars.

Le rapport appelle donc à « rééquilibrer les incitations », relevant que « les mesures aux frontières et les subventions liées à la production et à l’utilisation d’intrants variables peuvent engendrer des distorsions des marchés et sont généralement inappropriées aux objectifs poursuivis à l’heure actuelle ».

Les dispositifs doivent être « plus ciblés » (recherche de résultat précis, gestion des risques…), estime l’OCDE, qui appelle à amplifier les investissements en faveur de l’innovation, du conseil et de « dispositifs d’appui solides ».