Marché des céréales : l’escalade en mer Noire a tiré vers le haut blé et maïs
AFP le 07/10/2026 à 14:45
L'intensification des frappes en mer Noire ces derniers jours, voie de passage traditionnelle pour les cargaisons agricoles venues de Russie et d'Ukraine, a soutenu les cours des céréales sur les marchés européen et américain, où l'on attend le rapport mensuel du ministère américain de l'Agriculture.
« L’escalade en mer Noire est le principal sujet de ces derniers jours », souligne auprès de l’AFP Damien Vercambre, courtier au cabinet Inter-Courtage.
La navigation en mer Noire est de plus en plus touchée par les répercussions de la guerre en Ukraine. Des drones ont ainsi frappé deux navires commerciaux tôt mardi au large de la Bulgarie.
Il s’agit du premier incident de ce type dans la zone économique exclusive de la Bulgarie en mer Noire et la provenance du drone n’a pas pu être établie par Sofia.
Le premier navire, battant pavillon togolais et faisant route vers le nord, a coulé. Son équipage reste porté disparu et sa cargaison n’est pas connue. Le second navire, qui transportait du blé et faisait route vers le sud, a également été frappé et un incendie s’est déclaré à bord. Ses 18 membres d’équipage ont pu être évacués.
« On ne voit certainement pas un début de mise en oeuvre » des plans pour rétablir la sécurité de navigation, évoqués notamment par la Turquie, relève M. Vercambre, qui rappelle que « même en 2022 », après le déclenchement de la guerre par la Russie, « un corridor avait été mis en place ».
Maïs stocké dans les champs
La mer Noire est cruciale pour les exportations de céréales de Russie et d’Ukraine (qui représentent à elles deux un quart des exportations mondiales de blé).
Les navires ukrainiens pourraient emprunter les routes alternatives que sont le Rhin et le Danube, mais ces fleuves ont des niveaux d’eau très bas à cause de la sécheresse.
Le blé échéance décembre s’échangeait à 247,75 euros la tonne mercredi sur le marché européen Euronext, contre 238,50 euros sept jours auparavant (+ 3,88 %). A la Bourse de Chicago, le boisseau (27 kg) valait 7,04 USD mardi soir, contre 6,99 USD la semaine dernière.
Le maïs échéance mars valait 272,25 euros la tonne mercredi, contre 260,50 euros (+ 4,50 %). A Chicago, le boisseau (25 kg pour le maïs) s’échangeait à 5,08 USD mardi soir, contre 5,24 USD une semaine auparavant.
L’Ukraine, 4e exportateur mondial de grains jaunes, « dispose d’une capacité de stockage limitée, les agriculteurs cherchent donc à expédier leur maïs au fur et à mesure de la récolte », indique Arlan Suderman, chef économiste chez StoneX Financial.
« On s’attend à ce que cette année nombre d’agriculteurs, ne pouvant pas exporter leur maïs, le laissent stocké dans les champs, dans l’espoir que les voies d’exportation finissent par rouvrir. Il y aura donc des pertes de produits », ajoute-t-il.
Colza et soja stables
Le cours du grain jaune s’est quelque peu tassé à Chicago en raison de « l’absence d’avancées concrètes à l’issue de la rencontre entre les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping » du 23 au 25 septembre à Washington, explique Jake Hanley, chargé d’investissement chez les gestionnaires d’actifs Teucrium. Or « Xi n’a apporté aucun détail nouveau ni pris d’engagement précis sur des achats de maïs ».
Le ministère américain publie vendredi ses estimations mensuelles des récoltes mondiales (rapport Wasde) et devrait réduire une nouvelle fois ses prévisions d’exportations de blé et de maïs d’Ukraine, et de blé pour la Russie, avance Arlan Suderman.
Côté colza, la tonne valait 559 euros mercredi pour l’échéance février sur Euronext, contre 557,75 euros une semaine auparavant. Elle a franchi les 560 euros mardi, évoluant ainsi « à proximité de ses plus hauts niveaux de cotation », souligne le cabinet Argus Media.
L’échéance novembre était en nette baisse pour des raisons techniques, à l’approche de la fin de cette échéance.
A Chicago, le boisseau de soja (27 kg) était stable sur la semaine à 13,04 USD.