Prix du lait : les distributeurs réclament « plus de transparence » aux industriels au « bénéfice » des éleveurs


AFP le 01/10/2026 à 12:00
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La FCD réclame que la « contractualisation entre producteurs et industriels intervienne avant toute négociation avec la distribution ». (© Marc Elias/adobe stock)

Prix du lait, origine… Les principales enseignes de supermarchés ont réclamé jeudi « plus de transparence » aux industries laitières pour assurer, selon elles, une meilleure rémunération des éleveurs, donnant le ton à deux mois de l’ouverture de négociations tarifaires qui s’annoncent houleuses.

« Le lait français et ceux qui le produisent ne peuvent pas être les variables d’ajustement de négociations menées par certains industriels dans l’opacité », a déclaré la déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, qui réunit E. Leclerc, Carrefour ou encore Intermarché), Judith Jiguet, dans un communiqué.

Cette prise de position intervient au moment où éleveurs et grands industriels négocient pour définir les formules de prix du lait qui seront appliquées dans les prochains mois, et en amont des tractations tarifaires annuelles entre distributeurs et fournisseurs déterminant les prix en rayon (hors marques de distributeurs).

Les éleveurs ont récemment tenté de mettre la pression sur les industriels, faisant valoir que le manque de fourrage lié à la sécheresse faisait exploser leurs coûts. Les industriels invoquent de leur côté les hausses des prix des emballages et de l’énergie liées à la guerre au Moyen-Orient, assurant ne pas avoir les marges nécessaires pour revaloriser le prix payé aux éleveurs, en chute depuis le début de l’année. Les distributeurs chercheront eux à limiter une inflation inéluctable dans les rayons.

Dans ce contexte, « on en appelle à la responsabilité de toute la chaîne […] pour faire passer d’abord le producteur laitier », résume auprès de l’AFP Judith Jiguet.

Les négociations prévues de décembre à mars entre distributeurs et industriels sont encadrées par la loi Egalim, censée mieux protéger le revenu des agriculteurs en sanctuarisant le prix de la « matière première agricole ». Les industriels doivent conclure leurs accords « avec les producteurs laitiers » en amont, mais « ce n’est pas toujours » le cas, assure Judith Jiguet.

La FCD réclame que cette « contractualisation entre producteurs et industriels intervienne avant toute négociation avec la distribution ». Elle exige aussi que les hausses éventuelles de la matière première agricole soient « respectées et reversées aux producteurs » et appelle les industriels à « maintenir les volumes de lait français, comme les distributeurs s’y engagent pour » leurs marques propres.

La FCD prône également l’affichage, sur les produits, de l’origine des laits et ingrédients laitiers utilisés, un mois après avoir lancé, avec la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et la Coopération laitière, le logo « Lait de France ».