« Le meilleur fissurateur, on oserait le passer dans une prairie permanente »


TNC le 29/09/2026 à 15:46
DecompacteurDuro

Duro France fait partie des fabricants emblématiques de fissurateurs, que le constructeur nomme décompacteurs dans son catalogue. (© Duro France)

Julien Hérault, conseiller en machinisme agricole, donne les clés pour un choix de matériel et une utilisation optimums de cet outil utile pour ameublir en profondeur le sol sans en bouleverser la structure

Dans les catalogues des constructeurs, il s’appelle tout à tour fissurateur, décompacteur ou encore ameublisseur. Lors du récent salon Innovagri, qui s’est tenu début septembre à Ondes (Haute-Garonne), Julien Hérault, conseiller en machinisme agricole, a livré quelques pistes pour choisir la version optimale de cet outil et l’utiliser au mieux. « Le meilleur fissurateur, c’est celui qu’on oserait passer dans une prairie permanente. L’objectif, c’est l’éclatement, pas le mélange », résume-t-il.

Un petit calcul permet de choisir le bon compromis entre le nombre de dents et la profondeur de travail. « La profondeur idéale équivaut à l’espace entre les dents divisé par 1,5 au minimum ou 2 au maximum. Par exemple, pour un décompacteur avec des dents tous les 75 cm, on va tourner autour d’une quarantaine de centimètres. C’est un outil qui doit quand même aller loin sous terre, pour créer un bulbe de fissuration suffisamment efficace », détaille Julien Hérault.

Une protection efficace contre la battance

Le fissurateur s’inscrit dans le panel d’outils à utiliser comme alternative à la charrue. « La charrue, c’est le seul outil qui, à la fois, contre la compaction, assure la minéralisation, lutte contre les adventices, et gère les ravageurs et résidus. Ce qui lui est reproché, c’est son impact sur la structure du sol. L’alternative, c’est plusieurs passages et plusieurs outils. Le cultivateur polyvalent, c’est comme le couteau-suisse, ce n’est ni le meilleur couteau ni le meilleur tire-bouchon », estime le spécialiste.

L’objectif est d’atteindre une structure du sol grumeleuse, la plus stable, et s’éloigner du cercle vicieux créé par la structure particulaire qui, sous l’effet de la sédimentation et de la boue, conduit à devoir gérer sans cesse et inlassablement la compaction. « Il faut être le plus passif possible, par exemple avec un étançon sans angle d’attaque sur le fissurateur », avance Julien Hérault. Par son action en profondeur, sans bouleversement, le fissurateur permet de protéger efficacement contre la battance. « Pour atteindre la structure du sol idéale, il ne faut pas oublier tout le travail organique, qui reste essentiel », tempère le conseiller en machinisme agricole.