2026 : « un excellent millésime » pour la qualité des blés français
TNC le 18/09/2026 à 17:15
Si la récolte française de blé 2026 a été particulièrement chahutée par la hausse des charges, les prix bas et les aléas climatiques, elle se distingue par une qualité exceptionnelle. Les résultats de l’enquête menée par FranceAgriMer et Arvalis sur les grains à l’entrée des silos de collecte confirment un millésime particulièrement favorable sur le plan technologique et sanitaire.
Le 16 septembre, FranceAgriMer et Arvalis ont détaillé le bilan définitif de la qualité de récolte des blés 2026, à l’entrée des silos de collecte, avant le travail du grain.
Premier signe de qualité des blés tendres : « la totalité de la collecte est au-dessus de 250 secondes pour l’indice de chute de Hagberg, contre 85 % en moyenne sur la période 2021-2025, et 97 % des lots dépassent même les 300 secondes », souligne Chatou Laouan Brem Boundi, chargée d’études à FranceAgriMer.
Les poids spécifiques atteignent également des niveaux élevés. La moyenne nationale s’établit à 79,3 kg/hl et 97 % des blés dépassent le seuil de 76 kg/hl, contre seulement 61 % en moyenne quinquennale. « Un atout majeur pour répondre aux exigences des marchés. » Les blés récoltés cette année se distinguent également par leur faible humidité, avec une moyenne de 11,3 %, contre 12,6 % en 2025.
Une richesse en protéines au rendez-vous
La teneur moyenne en protéines atteint 11,8 %, contre 11,3 % lors de la campagne précédente. « Nous sommes sur une année à haute teneur en protéines », précise Christine Bar, responsable qualité et valorisation chez Arvalis.
Les caractéristiques rhéologiques de la pâte confirment cette bonne orientation qualitative. La force boulangère (W), indicateur de la qualité viscoélastique de la pâte, atteint 204 en moyenne. Près de 84 % des lots dépassent le seuil de 170, contre seulement 57 % l’an dernier.
Le ratio ténacité/extensibilité (P/L) s’élève à 1,5 au niveau national. Cette année, 83 % des lots présentent une valeur supérieure à 1, contre 22 % en 2025, traduisant une très bonne résistance des pâtes à l’alvéographe de Chopin.
L’indice d’élasticité affiche une moyenne de 51, la majorité des échantillons se situant dans la fourchette 50-55, généralement considérée comme un gage d’équilibre. Même constat pour le gluten index, dont la moyenne nationale atteint 87 et dont la moitié des lots dépasse la valeur de 90.
Excellentes aptitudes boulangères
Les essais de panification confirment ces très bonnes performances. Les blés français obtiennent une note moyenne de 258 points sur 300 et 86 % des lots dépassent le seuil de 250, témoignant d’un très bon potentiel pour les débouchés meuniers.
Cette qualité globale se retrouve dans la grille de classement d’Intercéréales, construite à partir des principaux critères demandés par les acheteurs internationaux. Au total, 87 % des blés tendres sont classés en catégories Premium ou Supérieur, 98 % entrent dans les catégories Premium, Supérieur ou Medium.
L’enquête qualité repose sur l’analyse de 556 échantillons de blé tendre issus de 276 sites répartis dans 11 régions.
Le blé dur également au rendez-vous
La récolte 2026 de blé dur présente, elle aussi, des résultats très satisfaisants. La teneur moyenne en protéines atteint 14,3 % à l’échelle nationale et 92 % des lots dépassent le seuil de 13 %.
Concernant le poids spécifique, la moyenne nationale est de 79,3 kg/hl et 96 % des lots dépassent le seuil des 76 kg/hl. Les grains sont particulièrement secs, avec une moyenne à 10,5 % d’humidité, ce qui est « favorable à une bonne conservation ».
100 % de la collecte est au-dessus de 300 secondes pour l’indice de chute de Hagberg. Les taux de grains germés, mouchés et fusariés, particulièrement dépendants des conditions météorologiques de fin de cycle, restent faibles : 1,3 % en moyenne. La moucheture est également très contenue (1,1 %).
Les conditions climatiques ont par ailleurs favorisé une excellente vitrosité des blés durs, un critère essentiel pour les industries de transformation.
Des inquiétudes pour les prochains semis de céréales
Si la qualité de la récolte apporte une certaine satisfaction, les perspectives pour la prochaine campagne suscitent davantage d’inquiétudes, comme en témoigne Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer, avec l’effet ciseau et la sécheresse qui se poursuit.
« Il faut qu’il pleuve de manière significative », insiste Benoît Piètrement, alors que les producteurs s’interrogent sur la possibilité de réaliser des faux-semis pour aider à la gestion des adventices et la préparation des futurs semis de céréales.
« Ceux de colza ont déjà été réalisés, pour beaucoup, dans des sols secs. De nombreuses parcelles sont soumises aux attaques d’altises, de punaises, etc. Les beaux colzas sont très marginaux cette année, constate-t-il. Certaines parcelles ont même déjà été retournées. »
« Cette situation remet en question certains assolements. Elle accentue également les difficultés économiques et l’inquiétude des producteurs déjà confrontés à une trésorerie tendue et des prix d’intrants toujours élevés. »