Face aux éleveurs, au Space, la ministre en manque de réponse à l’urgence
TNC le 15/09/2026 à 15:48
Après un été dévastateur pour le secteur agricole, Annie Genevard est venue inaugurer le Space, à Rennes, ce 14 septembre, sans apporter davantage de réponses aux agriculteurs qui demandent, pour rebondir, des mesures et des aides complémentaires au plan d’urgence.
« Ce qui m’a frappé, c’est qu’en dépit de toutes les difficultés, je n’ai entendu parler que d’avenir » a salué la ministre de l’agriculture après une visite de plusieurs heures dans les allées du Space 2026, le 15 septembre. Si sa déambulation n’a pas été chahutée, malgré les difficultés importantes liées aux canicules et la sécheresse de l’été, Annie Genevard a néanmoins été interpellée sur les limites de son plan CASI(Climat – Adaptation – Sécheresse – Incendies) doté d’1,3 milliard d’euros.
De nouvelles aides avant le budget 2027
Pour les différents syndicats agricoles, « le compte n’y est pas » dans les mesures annoncées le 4 septembre. « Nous n’avons toujours pas de réponse sur le prêt à taux zéro, une demande qu’on formule tous les jours en ce moment », déplore le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Une mesure pour laquelle « on ne peut pas attendre le prochain budget », insiste-t-il, puisque les décisions nécessaires à la relance du cycle d’exploitation, comme l’achat de fourrage, se prennent en ce moment. Il espère donc des annonces du gouvernement « à la fin de la semaine ».
Une assurance prairie qui doit encore prouver son efficacité
La Confédération paysanne a de son côté pris la parole de façon plus virulente sur le stand du ministère de l’agriculture, pour demander notamment une aide forfaitaire pour chaque exploitation en difficulté. Une aide qui aurait notamment pu être financée par l’argent destiné à l’exonération de la TFNB, estime Stéphane Galais, porte-parole national du syndicat. Ce dernier dénonce également le fonctionnement actuel du système assurantiel.
Une critique partagée par l’ensemble des syndicats, dubitatifs quant à la capacité de l’indice Airbus à indiquer fidèlement la réalité des pertes de fourrages. Si la ministre de l’agriculture, tout au long de son parcours, a défendu l’assurance comme un véritable « outil de résilience », elle a également précisé avoir demandé « des améliorations » de l’indice satellitaire. « Si cet outil est fonctionnel cette année, ce qui permettra de montrer sa robustesse, alors on sera les premiers à en faire la promotion », promet Arnaud Rousseau, mais « le fait que ce soit indiciel et que l’on n’ait pas de vision globale avant la fin du mois d’octobre n’aide pas à la compréhension », ajoute-t-il.
À la différence de l’ancien système des calamités agricoles, qui établissait un bilan fourrager au 15 octobre, l’indice ne prend pas en compte l’utilisation des stocks en raison du manque d’herbe pendant l’été, explique Yohann Barbe, président de la FNPL. En outre, l’absence de défiscalisation des stocks n’incite pas non plus les éleveurs à disposer de beaucoup de fourrage, explique-t-il.
Un plan de rebond très attendu
Mais au-delà de l’urgence, les syndicats veulent aussi parler d’avenir. « On a la volonté de se dire que cette crise doit malgré tout être un accélérateur à l’adaptation de nos exploitations », estime le président de Jeunes Agriculteurs, Jocelyn Dubost. Pour ce dernier, « on ne peut pas se contenter de laisser 40 000 fermes au bord de la route », d’où l’importance du plan de rebond promis par le gouvernement. Il s’agit, à la fois, de relancer la production mais également de financer les investissements pour accélérer l’adaptation des exploitations agricoles au changement climatique, estiment les syndicats, qui restent donc en attente d’annonces complémentaires. Sans cela, la colère pourrait conduire à de nouvelles mobilisations agricoles à l’automne.