Un accompagnement insuffisant pour renouveler les générations agricoles, estime un rapport d’ONG
TNC le 15/09/2026 à 10:25
Actions régionales hétérogènes, aides trop restreintes... le renouvellement des générations agricoles, aujourd'hui en panne, ne pourra pas se faire sans renforcer les mesures d'accompagnement, jugent l'association Sol et le Réseau Action Climat (RAC) dans un rapport publié mardi.
La moitié des quelque 400 000 agriculteurs atteindront l’âge de la retraite d’ici 2030, indiquait le recensement de 2020, et deux tiers des plus de 60 ans étaient sans repreneur, un enjeu social, environnemental et de maintien de la capacité de production du pays.
« Malgré de nouveaux dispositifs comme France Services Agriculture (FSA), nouveau guichet d’accompagnement unique, ou la création du bachelor agro, les politiques sont trop peu ambitieuses », jugent les auteurs du rapport, baptisé « Qui nous nourrira en 2035 ? » et destiné à alimenter le débat présidentiel.
1 720 € par installation agricole contre 7 500 € pour se réorienter tous secteurs confondus
Alors que la loi a fixé en 2025 un objectif de 500 000 agriculteurs en 2035, FSA sera déployé en 2027 pour faciliter l’installation et la transmission agricoles. Mais le rapport appelle à élargir l’accès aux aides pour s’installer en agriculture (au-delà de 40 ans, hors cadre familial, en collectif) et à reconnaître certains dispositifs (stages, tutorat) dans le parcours.
Aujourd’hui, le programme d’accompagnement consacre en moyenne 1 720 euros par installation agricole, contre 7 500 € pour une réorientation professionnelle tous secteurs confondus, quand 1 personne sur 5 finit par abandonner son projet d’installation agricole, soulignent les auteurs.
À l’échelon des collectivités, ceux-ci regrettent des « accompagnements inégaux en fonction des priorités des élus » (mise à disposition de terres communales, projets alimentaires territoriaux…).
Le salariat sous-exploité
Ils jugent que « le salariat est sous-exploité par les politiques publiques » : la qualité de l’emploi agricole est plus dégradée que pour la moyenne des métiers, avec plus de contraintes physiques, près de 60 % de CDD, un taux horaire moyen à 14 euros contre 20 dans l’industrie…
Avec des canicules récurrentes, « il est urgent d’améliorer les conditions de travail, de faciliter l’accès à ces métiers et d’en faire des leviers de la transition écologique », plaide le rapport, qui appelle à renforcer les financements en priorisant le développement des pratiques agroécologiques, le passage d’une ferme dans de nouvelles mains étant le meilleur moment pour changer les pratiques.
Pour Salomé Le Bourligu, responsable du plaidoyer au sein de l’association Sol, « permettre à la nouvelle génération d’agriculteurs de répondre aux enjeux actuels avec des moyens dignes pour le faire doit faire partie d’un programme présidentiel s’il se veut ambitieux ». « C’est à cette condition que davantage de paysans pourront redessiner nos territoires, en alliant souveraineté alimentaire, transition agroécologique et vivabilité pour tous », ajoute-t-elle.