Terres de Jim : après la sécheresse de l’été, les Jeunes agriculteurs veulent des solutions d’avenir


AFP le 11/09/2026 à 16:15
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(© Compte X Jeunes agriculteurs)

Ils se veulent confiants mais ont besoin d'une vision sur le long terme : les Jeunes agriculteurs (JA) se rassemblent de vendredi à dimanche après un été marqué par une succession de canicules et une forte sécheresse, avec désormais des inquiétudes pour l'hiver.

Dans les allées des Terres de Jim, festival organisé par les JA cette année à Metz-Magny (Moselle), des centaines d’écoliers, collégiens et lycéens déambulent, intéressés.

Ils sont l’avenir de la profession. Et les jeunes motivés à s’installer ne manquent pas, affirme Corentin Caudron, 25 ans, agriculteur et secrétaire général du syndicat professionnel dans les Hauts-de-France. « On veut juste du soutien et une vie derrière ! » « Dans le monde agricole, les coups durs, on en a en permanence. Il faut savoir qu’on ne se lance pas dans un projet facile, mais dans tous les cas, on va partir positif », abonde auprès de l’AFP Bastien Blanc, 28 ans, salarié agricole près de Vesoul (Haute-Saône), avec un projet d’installation.

Malgré l’optimisme, le souvenir de l’été est difficile. Il était « plein de stress » et les agriculteurs ne savaient pas « où ils allaient ». « On attendait la pluie, elle ne venait toujours pas », retrace M. Blanc.

« Mesurettes »

Les réponses politiques sont elles venues par la suite. Un plan, baptisé « CASI agriculture » (pour climat, adaptation, sécheresse et incendies) prévoyant plus d’un milliard d’euros pour soutenir l’agriculture, a été annoncé la semaine dernière.

« Casi du courage, Casi des moyens, Casi une réponse », arbore, sur son t-shirt Corentin Caudron, en référence à ce plan pris à la suite des épisodes successifs de canicule depuis mai.

Cette enveloppe budgétaire « paraît grosse, mais ramené à l’exploitation, c’est autant dire rien », regrette Bastien Blanc.

« Nous, on attendait vraiment une réponse du gouvernement, une adaptation, pas seulement un budget, mais aussi une vision et un plan d’avenir » concrets sur « comment on adapte nos exploitations, comment on avance », abonde Corentin Caudron.

Fraîchement installé en début d’année, « je serai encore paysan dans 40 ans », souligne-t-il. Alors « ce n’est pas avec des mesurettes et une vision court-termiste qu’on va donner envie aux jeunes » de s’installer, souligne-t-il.

Tous les exploitants rencontrés par l’AFP l’affirment : l’agriculture française a toujours su s’adapter et relever les défis. Mais « là, on a l’impression qu’on n’est pas accompagné comme nos parents, nos grands-parents ont pu l’être », estime M. Caudron.

« Un malaise »

Le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal, en déplacement vendredi aux Terres de Jim, a assuré vouloir continuer à travailler avec eux sur la question d’une politique d’avenir pour l’agriculture, avec l’enjeu du « renouvellement des générations ». Aux jeunes, « il faut dire concrètement comment on va les aider sur le revenu, sur les moyens de production, sur l’investissement dans les filières d’avenir », a-t-il soutenu.

Lors de sa déambulation aux airs de campagne électorale, M. Attal a été interpellé par Véronique Gandar, agricultrice d’une cinquantaine d’années. « Il faut qu’ils comprennent qu’il y a un malaise. Et le malaise du monde agricole aujourd’hui, c’est qu’il y a des gens qui vont mourir », a-t-elle ensuite résumé auprès de l’AFP.

En colère, elle regrette que les hommes et femmes politiques « ne comprennent pas le langage des petites gens (…) donc à force, on en a marre ». Alors qu’il y a urgence, notamment du côté des trésoreries, argue-t-elle.

La ministre de l’agriculture Annie Genevard est attendue vendredi pour inaugurer le festival, avant un déplacement samedi d’un autre candidat à la présidentielle et ancien Premier ministre, Edouard Philippe.