Exportations de céréales : la Russie pourrait perdre sa voie de secours dans la Baltique


TNC le 09/09/2026 à 18:05
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Le cabinet UkrAgroConsult s'attend à ce que les exports céréaliers russes via la Lettonie s'intensifient en ce mois de septembre (© Leonid, AdobeStock)

La Lettonie prépare des droits de douane de 300 % sur les céréales russes et biélorusses transitant par ses ports, et cherche un front commun avec ses voisins Vilnius et Tallinn. Cela pourrait refermer la route balte, sur laquelle s’est rabattue la Russie alors que la guerre paralyse ses exportations depuis la mer Noire.

Lundi 7 septembre, le Premier ministre letton Andris Kulbergs a annoncé que son gouvernement envisageait des droits de douane de 300 % sur les cargaisons de céréales russes et biélorusses en transit et sur leur manutention, rapporte LSM, l’’organisme audiovisuel public letton.

Riga veut aussi se doter de mécanismes d’identification de l’origine des grains, avec l’appui de laboratoires et des autorités ukrainiennes, pour repérer et sanctionner les lots issus des territoires occupés.

Estimant que la Russie cherche à maximiser ses exportations de céréales tout en limitant l’accès de l’Ukraine au corridor d’exportation de la mer Noire, Andris Kulbergs a insisté sur sa volonté d’obtenir une position commune des trois États baltes, pour que les céréales russes cessent d’utiliser les infrastructures de la région.

Du côté de Vilnius, le ministère lituanien de l’agriculture a ordonné le contrôle d’origine de toutes les cargaisons russes et biélorusses passant par le port Klaipėda, aussi bien fourragères que meunières.

L’Union européenne taxe déjà les importations céréales russes et biélorusses, à hauteur de 95 €/t depuis juillet 2024. Mais ce règlement ne concerne pas le transit vers les pays tiers, explique le Conseil de l’UE.

Ces initiatives surviennent alors que la Russie et l’Ukraine intensifient depuis plusieurs semaines leurs frappes sur les ports et les navires marchands du bassin mer d’Azov-mer Noire, par lequel transitaient 90 % des exportations maritimes russes sur la campagne de commercialisation 2025/26.

Les exportateurs russes détournent donc leurs cargaisons de cette zone, à la recherche d’itinéraires alternatifs pour écouler l’abondante récolte 2026.

À la mi-août, les demandes d’acheminement ferroviaire vers les ports russes de la Baltique dépassaient 5 Mt, contre 6 Mt vers Novorossiisk et Touapsé, et plus de 2 Mt visaient les seuls ports lettons, relève UkrAgroConsult. Le cabinet ukrainien attend une accélération marquée des flux via la Lettonie dès ce mois de septembre.

Entre le poids de la guerre russo-ukrainienne sur les flux d’exportation des deux pays et la perspective de la fermeture de la voie balte, les marchés réagissent : Chicago et Euronext enchaînent les séances de hausse depuis le début de la semaine.