« Il y aura de quoi faire de belles frites cette année », assure le président du CNIPT


TNC le 08/09/2026 à 16:43
Frites

La quatrième édition du Championnat mondial de la frite se tiendra à Arras le 26 septembre. (© barmalini, AdobeStock)

En amont du Championnat du monde de la frite, Luc Châtelain (CNIPT) a écarté le risque de pénurie de pommes de terre malgré la chute de production, et Marie-Sophie Lesne (Région Hauts-de-France) a plaidé pour une filière plant souveraine.

« Pas d’inquiétude, il y aura de quoi faire de belles frites cette année. » Le 8 septembre à Lille, invité de la conférence de presse de présentation du Championnat du monde de la frite, Luc Châtelain a voulu écarter le spectre de la pénurie.

Le président du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) rappelle que la France, premier exportateur mondial de pommes de terre, en produit « bon an mal an 7 millions de tonnes » mais qu’après une année 2025 « exceptionnelle en termes de volume », la production 2026 sera « bien moindre », après la « tempête climatique » que vient de traverser l’agriculture française.

« Je tiens à vous rassurer : nos pommes de terre seront peut-être globalement un peu moins grosses, mais elles seront quand même au rendez-vous en termes de quantité. On ne parle pas de pénurie, on parle de moins de production », commente-t-il. Avec une conséquence pour l’aval : « les frites seront sensiblement plus courtes ».

L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) anticipe un recul de la production française de 23 % sur un an, avec le plus faible rendement depuis plus de trente ans et des surfaces en net recul, et évalue les pertes économiques pour les agriculteurs à au moins 400 M€.

Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la région Hauts-de-France chargée de l’agriculture et de l’agroalimentaire, estime que la filière traverse des moments « qui vont s’ajuster », après la surproduction en 2025 qui a « fait un peu craquer les trésoreries ».

Elle pointe l’enjeu de l’anticipation et de l’adaptation au changement climatique, et insiste sur la filière plant : grâce à la qualité des terres, « on est une région à la pointe, mais on doit le rester ». Elle appelle de fait à s’organiser face à la concurrence pour fournir davantage les producteurs français, « pour pouvoir être souverains et peut-être aussi reconquérir des parts de marché ».

L’écosystème et le potentiel de production sont là : les Hauts-de-France resteront « une région plus arrosée que les autres », souligne-t-elle, gage de visibilité pour la pomme de terre comme pour le plant. Reste, selon Marie-Sophie Lesne, à investir « dans la recherche et dans l’innovation permanente », et à prendre conscience, » au plus haut niveau de l’État », que ce potentiel constitue « la réserve de la souveraineté française ».

La 4e édition du Championnat du monde de la frite se tiendra le samedi 26 septembre sur la Grand’Place d’Arras (Pas-de-Calais), après avoir réuni plus de 70 000 personnes en 2025. Quarante candidats venus de France, d’Espagne et des Pays-Bas s’affronteront dans sept catégories, tandis qu’un Village de la frite accueillera notamment des producteurs du territoire et des activités festives.

L’événement crée cette année le prix Clusius, pour les 500 ans de la naissance à Arras du botaniste Charles de l’Écluse, l’un des premiers à faire connaître la pomme de terre en Europe. Ce prix récompensera la qualité gustative de la frite, le choix de la variété de pomme de terre et la pertinence des pratiques de culture ; les candidats pourront concourir en duo avec leur producteur.

Plusieurs acteurs de l’amont sont par ailleurs partenaires de ce Mondial, dont Desmazières et le Comptoir du plant, aux côtés du groupe coopératif Advitam.