Derrière les agriculteurs, les coopératives inquiètes pour leur pérennité
AFP le 03/09/2026 à 05:45
Les coopératives agricoles ont appelé mardi le gouvernement à « répondre à l'urgence » dans laquelle se trouvent les agriculteurs mais à ne pas oublier les outils industriels qui leur appartiennent à travers les coopératives, et qui observent des pertes massives.
« L’amont agricole c’est la priorité. Mais il faut aussi parler de l’industrie que nous sommes, des structures qui appartiennent aux paysans. Car produire moins, c’est collecter moins et c’est transformer moins (…) L’urgence répare, mais l’investissement nous protégera sur le long terme », a déclaré Jean-Luc Duval, président de la Coopération agricole (LCA) lors d’une conférence de presse à Paris.
Cette organisation fédère les plus de 2 000 coopératives collectant et transformant 70 % de la production agricole française.
Par leurs statuts, les coopératives sont obligées de collecter et transformer la production de leurs agriculteurs adhérents, confrontés cet été en France à une sécheresse historique, à des canicules à répétition et à des incendies.
Baisse des cadences
Les coopératives, interrogées fin août par leur organisation mère, ont observé des pertes de chiffre d’affaires allant « de quelques millions à quelques centaines de millions d’euros », avec des baisses d’approvisionnement de « 20 à 80 % » selon les produits (céréales, légumes, fruits, etc.), a listé Florence Pradier, directrice de LCA.
Ce manque d’approvisionnement en matière première agricole a entraîné une baisse de cadence des usines de transformation ou de conditionnement, qui ont parfois dû arrêter la production un voire plusieurs jours par semaine.
Cela se traduira par des « pertes de résultats de quelques millions d’euros à quelques dizaines de millions d’euros » par coopérative selon sa taille et sa région, selon Florence Pradier.
L’impact sera double puisqu’une partie des bénéfices des coopératives est reversée à leurs adhérents. Et l’autre est utilisée pour les investissements et la modernisation des outils industriels, deux postes déjà largement sous-financés par rapport aux besoins, estime LCA, qui chiffre les investissements supplémentaires par les coopératives à 30 milliards d’euros d’ici 2035.
« On comprend que la ministre soit focalisée sur l’amont agricole. Mais on souhaite très rapidement avoir des contacts assez rapprochés avec le ministère de l’agriculture pour faire les comptes sur l’industrie agroalimentaire », a ajouté Jean-Luc Duval pour qui c’est « l’angle mort » du plan que le gouvernement doit présenter pour soutenir l’agriculture et sur lequel LCA n’a « pas du tout été consultée », selon lui.