La FNSEA attend une « réaction massive » pour la continuité de la production


TNC le 02/09/2026 à 16:35
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Hervé Lapie et Arnaud Rousseau ont appelé à un soutien massif pour l'agriculture française mise à mal par le climat exceptionnel de l'été. (© TNC)

Après les températures et la sécheresse historiques de l’été, toutes les filières agricoles ont subi des dégâts importants qui incitent de plus en plus d’agriculteurs à se questionner quant à la poursuite de leur activité, déplore la FNSEA. Le syndicat appelle donc les pouvoirs publics, mais également l’ensemble des acteurs, à soutenir massivement l’agriculture française.

« Ce qui nous remonte du terrain est inédit », a prévenu Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le 2 septembre. Après un été hors normes, la rentrée agricole s’avère inquiétante et le pronostic vital de l’agriculture française, « engagé ». Selon le syndicat, un grand nombre d’agriculteurs envisagent de réduire, voire de cesser l’activité, en renonçant à emblaver ou en se séparant d’animaux.

Redonner de la trésorerie

Pour éviter que les arrêts de production ne se multiplient, l’urgence est de permettre aux agriculteurs de financer le cycle d’exploitation et de se projeter sur les prochains mois, explique le syndicat qui attend beaucoup – mais pas tout- du plan d’urgence dont l’annonce, initialement prévue demain, a été reportée de quelques jours.

Parmi les mesures demandées figurent un fonds d’allégement des charges « massif », des aménagements bancaires, la prolongation du dispositif pour le GNR et de la mesure pour faciliter l’achat d’engrais jusqu’au 31 décembre, la suspension de la TFNB, la suspension de la redevance pour pollution diffuse, et la prise en charge des cotisations sociales, détaille Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA. En parallèle, le syndicat attend un versement le plus rapide possible des avances Pac, et l’activation de l’indemnité de solidarité nationale avec « des assureurs sur le terrain rapidement ».

Une tolérance de l’administration est également sollicitée, notamment en matière de contrôle sur les exploitations, dans ce contexte exceptionnel. Par exemple, « on a des jachères fleuries qui n’ont pas fleuri aujourd’hui, et des paysans qui pourraient avoir des sanctions », explique Hervé Lapie. De même, « semer un couvert, on est favorable, mais aujourd’hui mettre une culture intermédiaire dans le sol alors qu’on n’est pas capable de semer un colza, c’est de l’argent qu’on pourrait laisser sur la ferme pour des investissements en 2027 », poursuit-il.

« Donner l’impulsion à tous les niveaux »

Face à l’ampleur des pertes agricoles, la réaction doit également « être massive », ajoute Arnaud Rousseau, et ne pas reposer uniquement sur les pouvoirs publics : amont et aval de la filière, en passant par les banques et les assurances, ainsi que les consommateurs, doivent faire un effort pour soutenir l’agriculture, explique-t-il.

En revanche, le syndicat ne soutient pas l’idée d’une contribution par l’impôt : faire voter une telle mesure prendrait plusieurs mois, sans compter que le consentement des contribuables ne serait pas au rendez-vous, précise Arnaud Rousseau.

Il s’agit donc, avant tout, de « sauver l’agriculture française » avant, ensuite, de pousser d’autres mesures comme les décrets de la loi d’urgence, ou encore l’application des avancées sur les NGT, obtenues à Bruxelles. Mais les agriculteurs ont besoin de réponses urgentes pour « prendre des décisions en ce moment », notamment sur les semis ou les achats de fourrages, insiste le président de la FNSEA.