Quelles évolutions en 5 ans pour l’enseignement agricole ?


TNC le 01/09/2026 à 18:20
enseignement-agricole-adobe-stock-phoebe

Cette année, 219 000 élèves ont choisi l'enseignement agricole, 48 000 en apprentissage. (© Phoebe, Adobe Stock)

Nombre d’élèves, d’établissements, de filles… comment a évolué l’enseignement agricole ces 5 dernières années ? Le point pour cette rentrée 2026.

2 500 élèves, étudiants et apprentis supplémentaires entre la rentrée 2021 et 2026, et près de 2 700 pour les seuls apprentis : l’enseignement agricole attire de plus en plus. Cette année, 219 000 l’ont choisi, 48 000 en apprentissage. Pour rappel, la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (Losarga) de 2025 fixe, comme objectifs pour 2030, + 30 % d’apprenants dans les formations agricoles techniques, + 30 % d’ingénieurs agronomes et + 75 % de vétérinaires formés.

Le nombre d’établissements, lui, baisse : ils sont 792 pour l’enseignement technique, soit 14 de moins, et 16 écoles d’enseignement supérieur agricole contre 14 il y a 5 ans, l’ensemble toujours à 70 % privé. Ils comptent autant d’exploitations agricoles (192) mais un peu plus d’ateliers technologiques et centres équestres (41 versus 35). 

44 % de filles et 56 % de garçons : ce chiffre reste stable. C’est pourquoi, dans le cadre du plan d’action du ministère de l’agriculture pour favoriser la place des femmes dans le secteur agricole, présenté au Salon international de l’agriculture 2026, la DGER a lancé la feuille de route « Égalité entre les filles et les garçons dans l’enseignement agricolen » pour la période 2026-2030. 15 mesures et 44 actions concrètes autour de quatre axes visent à accroître la mixité dans les formations et les métiers agricoles.

La charte « Tous égaux », instaurée pour cette rentrée 2016, doit faciliter leur mise en place dans les établissements volontaires. Une manière aussi de « valoriser l’engagement » de ces derniers, souligne le ministère dans un communiqué publié sur son site internet. Il s’agit de « dépasser les stéréotypes, faire évoluer les représentations des métiers, développer des espaces d’émancipation pour les jeunes et accompagner les équipes éducatives », résume-t-il.

Plus de 85 000 mobilités à l’international

Quant au taux de réussite aux examens agricoles, il demeure supérieur à 90 % en s’infléchissant légèrement de 93 à 91,6 %. Le taux d’insertion professionnelle de l’enseignement supérieur long, en moyenne un an après l’obtention du diplôme, est toujours au-dessus de 90 % également : il passe de 92 à 93 % et à 94,4 % pour la voie de l’apprentissage. Pour l’enseignement technique, il excède de 6 % la moyenne nationale à six mois et de 5 % celle à un an. En BTS, il n’est certes que de 70 % mais dépasse de 7 points la moyenne nationale.

L’enseignement agricole en 2026. (© Ministère de l’agriculture)

Le ministère rappelle l’ouverture à l’international – en Europe et ailleurs dans le monde – que propose l’enseignement agricole : plus de 85 000 mobilités en cinq ans dont plus de 45 000 en lien avec le programme européen Erasmus + depuis le début de la programmation en 2021. « Alors qu’il regroupe 2,5 % des jeunes scolarisés en France, l’enseignement agricole mobilise environ 9 % du budget français de l’Agence Erasmus + », illustre le ministère.

Il met, par ailleurs, en avant les plus de 140 « sections sportives d’excellence » qui permettent de suivre des formations biqualifiantes : passeport de pratique, diplôme fédéral, certificat de qualification professionnelle (CQP), diplôme d’État (BPJEPS, DEJEPS…) ou titre à finalité professionnelle. Pour preuve : aux Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina 2026, quatre athlètes issus de l’enseignement agricole ont été médaillés, dont Éric Perrot et Océane Michelon, doubles champions olympiques de biathlon.

25 classes ouvertes pour le nouveau bachelor agro

Autres nouveautés de cette année, outre la feuille de route « Égalité entre les filles et les garçons dans l’enseignement agricole » : la première promotion du bachelor agro, nouveau diplôme de niveau bac + 3, avec l’ouverture de 25 classes pouvant accueillir 250 étudiants environ, mais aussi la possibilité pour les élèves de terminale STAV (Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) « de se présenter au concours véto post-bac via Parcoursup et d’intégrer directement une école nationale vétérinaire en première année ».

Sans oublier la mise en place du Programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (PNOD), « destiné à faire connaître, à tous les âges, la diversité et les perspectives des métiers de l’enseignement agricole ». Ni le déploiement à tout le territoire du dispositif des experts associés, expérimenté au printemps. « Ces experts, issus d’écoles agronomiques et vétérinaires, d’organismes de recherche et de groupements professionnels, accompagnent les équipes enseignantes et de direction pour former les futurs acteurs du monde agricole avec des savoirs toujours plus actuels, concrets et adaptés aux enjeux de demain », explique le ministère.

Après les plans « Enseigner à produire autrement » (EPA) 1 et 2, l’année scolaire 2026-2027 voit le lancement du troisième volet EPA3 afin de « renforcer encore l’accompagnement des transitions agricoles, alimentaires et environnementales ». 500 000 € supplémentaires sont alloués en 2026 à l’accompagnement de projets de développement dans ce domaine.

L’enseignement agricole s’engage, en outre, dans la R & D : 9 établissements participent à l’appel à manifestation d’intérêt « biocontrôle » et une trentaine à la phase finale du projet « Cap protéines + ». Le ministère crée également son premier Prix de thèse afin de « mettre en lumière les travaux de recherche doctorale qui contribuent à éclairer les politiques publiques agricoles, sylvicoles, agroalimentaires, vétérinaires, en rapport avec le paysage ».