Adoption de la loi d’urgence à l’Assemblée : Annie Genevard « très satisfaite »


AFP le 21/07/2026 à 10:06

La ministre de l'agriculture Annie Genevard s'est dite « très satisfaite », mardi sur France Inter, de l'adoption de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale.

« Hier soir, les députés ont fait œuvre utile pour l’agriculture française », s’est réjouie la ministre, alors qu’il ne manque au texte qu’un vote conforme du Sénat, attendu mardi en fin de journée, pour être définitivement adopté au Parlement. Cette loi d’urgence agricole « née des manifestations d’agriculteurs en début d’année » et « travaillée avec eux », permet de « mieux les protéger contre la concurrence déloyale », se félicite Annie Genevard.

Une mesure du texte a cristallisé les débats : la possibilité donnée à l’Anses de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux produits phytosanitaires interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne. Les deux molécules concernées, l’acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être utilisées pour une poignée de filières en difficulté.

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, des députés du camp gouvernemental ont suggéré lundi à l’exécutif de le faire retirer par amendement, ce que le gouvernement a refusé, entraînant des tensions avec son propre camp.

La mesure divise au gouvernement, la ministre de la transition écologique Monique Barbut étant personnellement opposée à la réintroduction de l’acétamipride. En cas d’adoption définitive du texte avec réintroduction dérogatoire des deux produits phytos, le scénario de sa démission est sur la table, selon son entourage.

« L’acétamipride n’a pas été rétabli dans ce texte », juge Annie Genevard : « Il appartiendra à l’Anses, à condition qu’il n’y ait pas d’incidence sur la santé humaine, sur l’environnement, qu’il y ait une situation d’urgence, qu’il n’y ait pas d’alternative (…) de décider d’une dérogation pour un temps limité, pour une seule filière, pour un parcellaire agricole très mesuré », a défendu la ministre.

Concernant l’éventuel départ de sa collègue à la Transition écologique, la ministre de l’agriculture a simplement signifié n’avoir « aucune confirmation de cette rumeur ou de cette hypothèse », rappelant avoir « travaillé » avec Monique Barbut « pour élaborer la version initiale du texte ».