« Les jeunes et futurs installés envisagent autrement le métier d’agriculteur »
TNC le 15/07/2026 à 12:28
Telle est la conclusion de la seconde vague du Baromètre de l’installation agricole d’Éloi, dévoilée début juin.
54 % des 400 répondants du 2e volet du Baromètre de l’installation agricole d’Éloi décident de s’installer en agriculture à plusieurs, en couple ou en collectif, ce qui traduit selon la société à mission « une nouvelle manière d’envisager le métier d’agriculteur, plus collaborative pour rompre l’isolement notamment, plus mutualisée pour réduire les investissements, partager le travail et mieux concilier vie pro/vie perso, et souvent plus résiliente économiquement ».
« Ses convictions : critère d’installation »
L’an dernier, elle avait d’ailleurs constaté que 50 % des personnes, inscrites sur sa plateforme web de mise en relation entre cédants et repreneurs, aimeraient rejoindre un Gaec. Autre chiffre : 38 % – soit plus d’un tiers – sont des jeunes agriculteurs double actifs pour répondre, selon Éloi, à un triple enjeu de « sécurisation des revenus, diversification économique ou encore équilibre personnel ».
Ils optent davantage pour l’agriculture biologique que conventionnelle : 41 % des jeunes installés et 35 % des porteurs de projets contre 32 et 25 % respectivement, et 21 et 30 % en incluant des mesures agro-environnementales. « 65 % des porteurs de projet et 62 % des installés s’orientent vers un système plus vertueux que le conventionnel pur. Leurs convictions sont un critère d’installation », analyse la société à mission.
« Maîtriser la commercialisation »
41 % des jeunes installés et 64 % des porteurs de projets commercialisent leurs produits en circuits courts ou envisagent de le faire. 54 % des jeunes installés et 66 % des porteurs de projets ont même choisi ou prévoient de vendre en direct. Des pourcentages qui baissent respectivement à 40 et 53 % pour la vente via des coopératives, 22 et 30 % par des négoces, 13 et 16 % des industriels. « Pour la nouvelle génération, la maîtrise de la commercialisation devient un élément central du projet pour des questions de proximité avec les consommateurs, d’autonomie en termes de prix et de recherche de sens », estime-t-elle.
Les nouvelles générations réinventent le métier.
Avant de conclure : « Éloi observe au quotidien, en accompagnant les futurs agriculteurs, ces transformations profondes. Cette étude permet de mieux comprendre comment ces nouveaux profils réinventent le métier. » « Les nouveaux producteurs agricoles ne cherchent plus à reproduire les modèles historiques, mais un nouvel équilibre économique, social et territorial. D’où le développement de systèmes plus résilients et durables, favorables au renouvellement des générations agricoles », résume François Moret, co-fondateur et directeur général.