Avec les canicules en Europe, la production de maïs revue en baisse
AFP le 11/07/2026 à 06:01
Éprouvé par les vagues successives de chaleur en Europe en pleine période de pollinisation, le maïs devrait se faire plus rare cette année, a prévenu vendredi le ministère américain de l'Agriculture (USDA).
Alors que le Vieux Continent est en proie à un nouvel épisode caniculaire, l’USDA « a pris tout de suite le taureau par les cornes, abaissant la production européenne de maïs » dans sa mise à jour mensuelle sur l’état de l’offre et la demande dans le monde (rapport Wasde), souligne auprès de l’AFP Damien Vercambre, courtier au cabinet Inter-Courtage.
Le ministère retire environ 3,72 millions de tonnes à la récolte attendue en Europe (- 6,5% par rapport au mois précédent). Sans grand changement sur le reste des continents, cela tire aussi à la baisse la production mondiale, qui est désormais prévue autour de 1 297 millions de tonnes (- 0,25 %).
L’ouest de l’Europe a connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, battant le précédent record établi l’an dernier, a annoncé jeudi le service de surveillance du climat de l’Union européenne.
« Le problème est que ça touche les maïs en plein dans leur pollinisation », explique M. Vercambre. « On va peut-être invalider la fécondation, et là, il n’y aura même pas d’épis: c’est ça le grand risque. »
En France, la production est attendue à son plus bas niveau depuis 26 ans, sous l’effet du recul des surfaces cultivées et de rendements réduits après les deux précédentes canicules, selon la principale association de producteurs (AGPM). Une troisième vague de chaleur sévit actuellement.
Pour pallier ces moindres récoltes, l’USDA anticipe un plus haut rythme d’importation en Europe, à 22,5 millions de tonnes (+ 15% par rapport à l’estimation précédente).
Côté blé, le ministère de l’Agriculture a de nouveau abaissé les perspectives de production aux Etats-Unis à des niveaux plus observés depuis plus d’un demi-siècle.
« Ce n’est pas une surprise », souligne auprès de l’AFP Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. « On s’attendait déjà à ce que cela soit tendu » au regard notamment du rapport de l’USDA sur les surfaces ensemencées, publié fin juin.
Autre point d’attention des marchés : la révision à la hausse des exportations américaines de soja par l’USDA.
Gautier Le Molgat y voit un signal d’achats de la part de Pékin : l’USDA a augmenté les importations de soja vers la Chine d’environ un million de tonnes.
Les totaux ne changent pas vraiment « mais cela va être considéré comme un peu positif par les marchés de voir se concrétiser des affaires à l’export », note l’analyste.