Chaleur et maïs grillé tirent les cours mondiaux des céréales vers le haut


AFP le 08/07/2026 à 22:34
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Seulement 58 % du maïs est dans de « bonnes » ou « très bonnes » conditions de culture la semaine du 23 au 29 juin (contre 76 % la semaine précédente). (© TNC)

Les prix du maïs tirent les cours mondiaux des céréales, en réaction au coup de chaud sur la « Corn Belt » américaine et surtout à la nouvelle vague caniculaire en France où se profile une récolte « catastrophique » de grain jaune.

« Cette semaine, la vedette c’est le maïs européen », résume Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media. De la Bourse de Chicago à Euronext, les cours des blé, maïs et soja sont en hausse sur une semaine. Le grain jaune a progressé de près de 9 % en huit jours à Chicago, clôturant mardi soir à 4,42 dollars le boisseau (soit 25,4 kg), et entraînant le blé dans son sillage (+ 4,6 %).

Sur le marché européen, le maïs a progressé de plus de 12 % depuis le 15 juin, alors qu’un épisode caniculaire – le second après celui de mai – allait frapper plusieurs pays d’Europe de l’Ouest. Les cours refluaient légèrement ce mercredi, après cette très forte progression.

« Effondrement prévisible »

La production est désormais attendue en repli de 30 % en France, à 9,5 millions de tonnes, soit le plus bas niveau depuis 26 ans, sous l’effet du recul des surfaces cultivées et de rendements réduits après deux canicules, selon la principale association de producteurs (AGPM).

Depuis lundi, la nouvelle vague de chaleur qui frappe la France, premier producteur européen de maïs, ravive encore l’inquiétude. Selon le dernier rapport officiel, les conditions de culture se sont encore dégradées en France, avec 58 % du maïs dans de « bonnes » et « très bonnes » conditions de culture la semaine du 23 au 29 juin, contre 76 % la semaine précédente.

« La situation est très grave : on a à la fois des températures excessives et un déficit hydrique marqué » en France, alors que les conditions de culture restent satisfaisantes dans l’est de l’Europe et notamment en mer Noire, a relevé l’analyste d’Argus Media. « Aujourd’hui, le marché cherche à évaluer les conséquences de cet effondrement prévisible de la production de maïs, à la fois sur la situation céréalière européenne mais aussi mondiale », explique M. Poncelet.

L’analyste estime que l’on peut s’attendre à « une consommation de blé en hausse en alimentation du bétail en Europe, et aussi à davantage d’importation de maïs en provenance de pays tiers, pour remplacer le maïs français ». Une situation qui entraînera un « changement de flux céréalier intra-européen mais aussi de flux internationaux ».

Aux Etats-Unis, la vague de chaleur qui traverse le pays affecte notamment l’ouest de la « Corn Belt », où sont cultivés maïs et blé tendre de printemps.

Mais c’est surtout les « conditions météorologiques en Europe, et plus particulièrement en France » qui expliquent la forte hausse enregistrée par le grain jaune sur le marché américain, estime Michael Zuzolo, analyste chez Global Commodity Analytics and Consulting.

Plusieurs autres facteurs peuvent expliquer la bonne tenue du cours des grains aux Etats-Unis : une baisse des stocks semestriels de maïs plus forte qu’attendue, un regain d’intérêt chinois pour le soja américain et la remontée du cours du pétrole après un regain de tensions dans le golfe d’Ormuz.

« Précocité inégalée »

« En ce qui concerne la hausse du soja américain, tout repose sur les achats chinois », estime M. Zuzolo. Comme lui, Arlan Suderman, analyste pour la plateforme de courtage StoneX Financial, relaie des informations sur un achat par la Chine de « 5 à 10 cargaisons de soja » lundi.

Si cet achat n’a pas été officiellement confirmé, l’analyste remarque que cette confirmation « prend parfois un certain temps ».

Par ailleurs, selon les dernières données du ministère américain de l’agriculture (USDA), un peu plus de 250 000 tonnes de soja ont été inspectées pour être exportées en Chine lors de la semaine se terminant le 2 juillet, soit la moitié des ventes à l’étranger de l’oléagineux sur la période.

Entraîné par le maïs, le cours du blé restait orienté à la hausse sur Euronext, alors que les récoltes progressent vite sur le Vieux continent, avec une « précocité inégalée » en France, premier producteur européen.

Entre soutien des cours aux Etats-Unis et pression baissière en mer Noire, où les « rendements s’annoncent corrects », le cours de la céréale du pain en Europe était empêché de « trop monter » pour rester compétitif, selon l’analyste.