Chaleur, sécheresse, ensoleillement… un mois de juin 2026 hors normes


TNC le 08/07/2026 à 11:00
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(© Oliver Boehmer - bluedesign®)

Le bilan climatique de ce mois de juin 2026 en France est totalement hors normes, en particulier en ce qui concerne les températures avec une vague de chaleur caniculaire battant tous les records en fin de mois. MeteoNews dresse le bilan de ce mois exceptionnel.

Des records de chaleur explosés

« Après une période très relativement fraîche du 1er au 11, une vague de chaleur a déferlé sur la France, devenant même caniculaire du 18 au 27 voire au 30 selon les régions, plus particulièrement sur une large moitié ouest du pays. Les thermomètres ont alors facilement atteint et dépassé les 40 degrés, pulvérisant les records des mois de juin 1947, 1976, 2017 ou encore 2019… mais aussi les records absolus annuels d’août 2003 et juillet 2019 !

Le maximum absolu en France a été proche de 45 degrés sous abri avec 44,7 degrés le 23 aux Herbiers, en Vendée, le 23. Le seuil des 40 degrés a été dépassé 5 jours consécutifs, une première ! A Chantonnay, également en Vendée, les 44,6 degrés atteints le même jour explosent l’ancien record (depuis 1951) de plus de 3 degrés d’un coup (41,3 degrés le 27 juin 2019). De telles valeurs se retrouvent normalement en plein désert du Sahara…

Les 23, 24 et 25 juin ont été les trois jours les plus chauds mesurés en France depuis 1946 avec 29,9, 30,0 et 30,0 degrés de moyennes nationales, battant les 29,4 degrés atteints le 5 août 2003 et le 25 juillet 2019. Jusqu’à présent, le 5 août 2003 avait connu l’après-midi la plus chaude jamais observée en France (37,7 degrés)… désormais battue par 4 jours consécutifs du 22 au 25 juin 2026 (jusqu’à 38,5 degrés, nouveau record le 24).

Température moyenne mensuelle nationale en juin en France. (© MeteoNews)

Les températures minimales n’étaient pas en reste durant cette période brûlante avec des valeurs ne descendant pas en-dessous de 25 à 28 degrés… chiffres déjà nettement supérieurs aux normales des températures maximales de la période. Jusqu’à cette vague caniculaire, la nuit la plus chaude en France datait du 25 juillet 2019 (21,4 degrés), record battu par 4 nuits consécutives du 23 au 26 juin 2026 (22,0 degrés en nouveau record le 25). La température moyenne mensuelle nationale atteint 22,1 degrés, nouveau record du mois de juin le plus chaud battant 2003 et ses 21,6 degrés.

Tous mois confondus, juin 2026 est le 8ème mois le plus chaud observé en France depuis 1946, le record appartenant toujours à août 2003 (23,9 degrés). L’écart à la normale de ce mois de juin atypique est de + 3,8 degrés (+ 3,4 degrés en août 2003). Cet écart égalise, tous mois confondus, l’écart de février 1990.

Depuis 2003, sept mois de juin ont dépassé le seuil des 20 degrés de moyenne nationale contre… aucun entre 1946 et 2002 (19,5 degrés en 1976). Le réchauffement climatique ne fait aucun doute, continuant à tisser sa toile.

La sécheresse évidemment

Conséquence des hautes pressions omniprésentes… La pluie a largement manqué. Les quelques perturbations du début du mois n’ont apporté que peu d’eau. Pour le reste du mois, en dehors de quelques orages locaux, la sécheresse a durement sévi. Les seuls secteurs à avoir connu un excédent sont le Nord et le Pas-de-Calais, l’est de la Somme, le nord de l’Aisne, l’ouest du Val d’Oise, une partie de la Lorraine et quelques zones alpines.

De nombreuses stations météo de Corse et des Bouches-du-Rhône ont connu un zéro pointé en termes de quantité de précipitations pour le mois de juin 2026. La station du Grand Bornand, en Haute-Savoie, pointe en tête avec un cumul mensuel de 195 mm. On peut noter aussi 177 mm à La Bresse, dans les Vosges, 152 mm à Mayres, en Ardèche ou encore 147 mm au Ballon de Servance, en Haute-Saône.

Au niveau national, la France a reçu 32 mm au cours de ce mois de juin, quasiment moitié moins que la normale établie à 55 mm (1991-2020). Bien que sec, ce n’est pas exceptionnel. Il a encore moins plu en juin 2006, 2004, 1995, 1989,1962, 1949 et surtout en 1976 avec seulement 11 mm sur le territoire français métropolitain. Sans atteindre de record, les indices d’humidité des sols sont très faibles, équivalents à ceux de fin juin 2022 et 2025.

Beaucoup de soleil

Sans surprise, l’ensoleillement a été très important au cours de ce mois de juin 2026 qui se place dans le trio de tête des mois de juin les plus ensoleillés depuis 1946. En effet, avec 305 heures de soleil en moyenne nationale mensuelle, juin 2026 se place juste derrière juin 1962 (307 heures) et juin 1976 (330 heures). La normale est à 233 heures, l’excédent est de l’ordre de + 31 %.

C’est à Brest que le soleil a le moins brillé avec 185 heures de présence, et Ajaccio le plus généreux avec 396 heures de lumière.

Un mois de juin 2026 extrême, record de chaleur battant 2003, 8e mois le plus chaud tous mois confondus sur la période 1946-2026 et à l’écart positif le plus fort tous mois confondus également, à égalité avec février 1990. Une sécheresse très marquée en prime et un ensoleillement très élevé. Ce mois entre dans l’histoire de la météo et de la climatologie, s’inscrivant parfaitement dans le contexte de réchauffement climatique qu’il illustre un peu trop bien… »