« Des vaches au râtelier depuis fin juin » : la FNB alerte sur une sécheresse précoce


TNC le 08/07/2026 à 10:48
WhatsAppImage2026-06-24at14.57.141

La FNB demande davantage de transparence sur le fonctionnement des assurances climatiques, ainsi que sur le déclenchement du fonds de solidarité nationale. (© Emilie Durand)

Entre mauvaise récolte 2026 et affouragement précoce, la Fédération Nationale Bovine tire la sonnette d’alarme sur les stocks fourragers. Afin d’aider les éleveurs impactés, le syndicat demande la mise en place de Commissions départementales d’expertise afin de bénéficier de retours terrains pour mettre en place les dispositifs d’indemnisation.

Le 7 juillet, les représentants de la Fédération nationale bovine (FNB) se sont rendus sur une exploitation de Saône-et-Loire, durement touchée par les aléas climatiques de ces dernières semaines. Sur place, ils ont pu constater l’ampleur des conséquences des épisodes de sécheresse et canicule sur les stocks de fourrage. « Nous étions chez un éleveur qui a récolté 30 % de fourrage en moins que durant un printemps normal », souligne Patrick Bénézit, président de la section bovine de la FNSEA. Sur place, les stocks sont amputés de 60 tonnes de foin, et commencent déjà à être distribués au pré. « Il y a des vaches au râtelier depuis une dizaine de jours. C’est un très mauvais signal. Les fauches de printemps n’ont pas été particulièrement bonnes, et l’état des prairies est préoccupant. Les parcelles sont grillées, il faudra bien plus qu’une petite pluie pour que tout reparte. Sans parler des maïs, qui prennent des coups de chaud à un stade critique ».

Le coup de chaleur ne se limite pas à la Saône-et-Loire. « Aujourd’hui 35 départements français, soit le tiers, sont placés, en situation de crise sécheresse » rappelle le syndicat dans un communiqué de presse. « Nous aurions pu faire le même constat dans le Cantal, la Creuse… La situation est assez préoccupante un peu partout en France ».

Personne ne comprendrait que le fonds de solidarité et les assurances récolte ne déclenchent pas cette année

Dans ce contexte, la FNB demande la mise en place d’expertises terrain afin d’évaluer l’ampleur de la sécheresse, en complément du dispositif de gestion des risques climatiques reposant sur l’analyse satellite. « Compte tenu de l’ampleur des dégâts, personne ne comprendrait que le fonds de solidarité et les assurances récolte ne déclenchent pas cette année ». Mais pour le syndicat, le fonctionnement des dispositifs d’indemnisation en place reste flou. « L’évolution de l’indice de pousse des prairies (IPP) utilisé dans le dispositif de gestion des risques climatiques est encore inconnue. De même, les données de suivi des fermes de l’Observatoire National de la Pousse de l’herbe restent secrètes ».

Au-delà du manque de fourrage, la FNB s’inquiète du signal envoyé par la baisse du prix du maigre. « Nous ne comprenons pas les fondamentaux de cette baisse, les volumes à l’export se maintiennent… Il faut que les opérateurs restent solidaires de la filière, surtout dans ce contexte ».

Avec les aléas climatiques, c’est la pérennité de la filière qui est en jeu. « Je ne pense pas que les éleveurs en soient déjà à décapitaliser, mais si les prix du maigre continuent à être sous pression avec la sécheresse qu’on connaît, il est évident que la baisse des cheptels va se poursuivre », poursuit Patrick Bénézit. D’autant qu’un nouvel épisode de chaleur est annoncé sur la France pour les prochains jours.