Canicule : prêts de trésorerie pour l’élevage, mesures pour l’assurance récolte


AFP le 02/07/2026 à 09:45

Le ministère de l'agriculture a annoncé mercredi la mise à disposition de prêts de trésorerie pour que les éleveurs adaptent leurs bâtiments aux fortes chaleurs. En termes d'assurance récolte, des solutions sont proposées « quant au décaissement par anticipation pour les assurés mais aussi pour les agriculteurs ayant recours à l'indemnité de solidarité nationale ».

« Nous allons débloquer dans les jours qui viennent des prêts de trésorerie aux agriculteurs, aux éleveurs pour qu’ils puissent s’équiper en systèmes de brumisation et de ventilation pour se préparer aux prochaines canicules », a dit la ministre Annie Genevard sur BFMTV. Ce dispositif de prêts, qui devraient être garantis par la BPI, la Banque publique d’investissement, vise à financer les diagnostics ou équipements permettant de limiter les effets de la chaleur dans les bâtiments d’élevage, explique le ministère.

Parmi les autres mesures annoncées mercredi, les Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) doivent identifier dans chaque région les sites susceptibles d’être mobilisés si des opérations d’enfouissement d’animaux morts étaient nécessaires en urgence. Son cabinet et celui de Bercy ont ensuite réuni les assureurs pour « un point sur le dispositif d’assurance récolte ».

La réunion a « permis d’apporter des solutions quant au décaissement par anticipation pour les assurés mais aussi pour les agriculteurs ayant recours à l’indemnité de solidarité nationale », a indiqué le ministère dans un communiqué mercredi soir, précisant qu’un accord avait été trouvé pour accélérer les procédures d’indemnisation et le versement des acomptes, face à un afflux plus important de dossiers cette année. Un point sera fait mi-juillet pour suivre les indemnisations.

D’autres mesures en cas de nouvelle vague de chaleur

La Mutualité sociale agricole (MSA), de son côté, doit déployer un dispositif d’accompagnement psychologique, une sensibilisation accrue aux risques liés aux fortes chaleurs et réactiver son « dispositif de crise afin d’accompagner les exploitations confrontées à des difficultés de trésorerie, notamment par la mise en place, le cas échéant, d’échéanciers de paiement ».

« Si une nouvelle vague de chaleur devait intervenir, je prendrais, dès la semaine prochaine, de nouvelles mesures de soutien si la situation l’exige. Nous restons également très attentifs à l’évolution des cultures, notamment face aux orages annoncés », a assuré Annie Genevard alors qu’un nouvel épisode de chaleur se profile dès ce week-end.

Au début de l’épisode caniculaire mi-juin, le ministère avait acté le report temporaire des contrôles administratifs, et permis, face au risque incendies, le fauchage de jachères sans perte de l’aide Pac. Entre 2,5 et 3 millions de volailles sont mortes en raison de la canicule, principalement dans l’ouest de la France, principal producteur, a par ailleurs confirmé mercredi l’interprofession Anvol, évoquant « moins de 1 % de la production annuelle nationale ».

Selon le directeur de l’interprofession, Yann Nédélec, le bilan est relativement stabilisé. La ministre avait évoqué 6 000 tonnes de volailles mortes en Bretagne. En 2003, entre 4 et 5 millions de volailles avaient péri lors de la canicule. En 2025, la France a abattu près de 900 millions de volailles (1,6 million de tonnes), selon les chiffres du gouvernement (Agreste).

Le premier épisode de chaleur en mai 2026 avait provoqué peu de pertes, selon l’interprofession, mais les éleveurs redoutent une troisième vague. « Nous nous préparons en effet. Mais les dernières précisions sur l’Ouest sont plus rassurantes », a déclaré Yann Nédélec.