Les Bourses européennes en hausse à l’ouverture, portées par l’accord de paix
AFP le 16/06/2026 à 15:44
Les Bourses européennes restent plutôt optimistes mardi après l'annonce d'un accord de paix au Moyen-Orient qui a dégonflé les prix du pétrole et les risques inflationnistes.
« Le marché achète la fin du choc pétrolier, mais pas encore la fin complète du choc inflationniste », résume Florian Ielpo de la banque privée Lombard Odier.
A 08H00 GMT, l’indice CAC 40 à Paris progressait (+0,48%) tout comme à Milan (+0,91%), après une nouvelle journée euphorique la veille à Wall Street (nouveau sommet du Dow Jones +0,92% à 51.671,03 points, envol du Nasdaq +3,07%, S&P 500 +1,65%).
« Le mouvement a favorisé une rotation massive vers les valeurs technologiques et de croissance, tandis que les secteurs énergétiques ont nettement sous-performé », soulignent les analystes du gestionnaire de fonds Aurel.
Les indices redevenaient sensibles à l’actualité économique en dehors du Moyen-Orient, comme le relèvement des taux d’intérêt par la Banque centrale du Japon ou la baisse des ventes au détail en Chine.
A 08H00 GMT, le principal indice allemand, le Dax, progressait aussi vite qu’à Paris (+0,48%). « À Francfort, les indications en provenance de Chine jouent un rôle important pour la séance, car l’économie allemande dépend très fortement de ses exportations vers l’Empire du Milieu », décrypte Andreas Lipkow de CMC Markets.
En Asie, la Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,12%, après s’être brièvement hissée au-dessus de la barre des 70.000 points pour la première fois de son histoire.
Dans le même temps, la Banque centrale du Japon a relevé son taux directeur à 1%, au plus haut niveau depuis plus de trois décennies, en vue d’endiguer l’affaiblissement du yen et l’inflation nourrie par la guerre au Moyen-Orient.
« L’ambiance reste néanmoins optimiste à la Bourse de Tokyo. D’une part, aucun membre du conseil de politique monétaire ne s’est prononcé en faveur d’une ligne encore plus restrictive et de hausses de taux plus rapides, et d’autre part, avec 1%, les taux directeurs au Japon restent nettement inférieurs à ceux des autres grandes zones économiques », note Andreas Lipkow de CMC Markets.
En Europe, la Bourse de Londres était à l’équilibre (+0,03%).
Le pétrole en baisse
Le pétrole poursuivait sa baisse mardi matin. A 07H40 GMT, le Brent de la mer du Nord reculait encore (-1,02%) à 82,32 dollars le baril, tout comme le WTI américain (-0,89% à 80 dollars).
« Malgré cette correction, les cours demeurent plus de 13 dollars au-dessus de leurs niveaux d’avant-guerre en raison des perturbations persistantes de l’offre », soulignent les spécialistes d’Aurel.
« Cet accord renforce notre scénario de base d’une désescalade et notre prévision d’un cours moyen du pétrole de 90 dollars le baril durant les six mois suivant le début du conflit. Notre objectif de cours à 12 mois demeure à 78 dollars le baril », détaillent Samy Chaar et Luca Bindelli, stratégistes pour Lombard Odier.
Détente sur les taux
La baisse du pétrole dissipe les risques d’inflation et d’envolée des taux d’intérêt.
« Concernant la zone euro notamment (…) nous pensons que les risques d’une persistance des fortes pressions inflationnistes sont limités. Ceci vient appuyer notre vue du maintien des taux directeurs inchangés par la BCE pour les mois à venir, même si le risque d’une hausse supplémentaire ne peut pas complètement être exclu », d’après Sebastian Paris Horvitz de la Banque Postale Asset Management.
Sur le marché obligataire, les taux d’emprunt des Etats continuaient leur détente modérée, encore loin de leur niveau d’avant le conflit.
Le rendement du « Bund » allemand à dix ans affichait un peu moins de 2,95% contre un peu plus la veille. Son équivalent français se stabilisait à 3,68% contre près de 3,70% la veille.
« Malgré la communication conjointe entre les États-Unis et l’Iran (ou ce qui y ressemble), les taux d’intérêt n’ont pas baissé comme on aurait pu s’y attendre », commente Florian Ielpo.