Comparatif des caméras d'élevage

Les bovins sous haute surveillance


Élevage le 31/07/2015 à 07:19
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Arrivées dans les exploitations agricoles depuis 40 ans, les caméras de surveillance ont évolué avec le secteur de l’élevage. Des premiers modèles fixes assurant la surveillance de deux animaux, elles ont su gagner en performance et en mobilité. Ne se limitant pas à détecter d’éventuelles infractions, les caméras deviennent aujourd’hui de vrais outils d’aide à la décision. Intéressant ou pas pour votre élevage ? Combien ça coûte ? Les éléments de réponse de la Rédaction.

Passer à une surveillance de ses animaux par caméra offre une promesse attirante, la réduction de la pénibilité du travail : plus besoin de se lever la nuit et d’enfiler les bottes pour aller vérifier ses stabulations. Equiper son bâtiment d’élevage en caméra(s) de surveillance ne se fait pas sans une certaine réflexion. De par la diversité des matériels disponibles et leurs prix, il est important de se poser les bonnes questions avant d’acheter.

Tout d’abord qu’est-ce que je veux surveiller avec ce système : les retours de chaleur, les mises-bas, des anomalies diverses (vache blessée, robot de traite ou autre équipement en panne) ? Par la suite, il faut un système de transmission de données adapté à l’exploitation (avec ou sans câbles). Libre enfin à chacun de choisir son support préféré pour consulter les images : télévision, ordinateur, et dans un contexte de recherche de toujours plus de mobilité, smartphone et tablettes.

Concrètement, les éleveurs ont aujourd’hui à leur disposition des modèles allant de la caméra fixe à celle sur tourelle (surveillance sur 360°) et/ou sur rail. Tout dépend de la configuration du bâtiment. Si votre bâtiment est conçu en longueur (plusieurs box), il est conseillé d’opter pour un système sur rail, tandis que si vous n’avez qu’un grand box à surveiller, une caméra sur tourelle sera plus adaptée. Dans le cas des bâtiments anciens, avec des hauteurs de plafond basses, il existe des systèmes de caméra sous dôme.

Dans tous les cas, il est important de bien vérifier que le boîtier de la caméra est bien étanche. Dans le cas contraire, l’humidité pourrait entraîner la formation de condensation sur l’objectif, voire le rendre hors d’usage. Pour les caméras travaillant dans les infrarouges, attention également à prendre en compte la portée : d’une dizaine de mètres pour les modèles d’entrée de gamme, à une centaine pour les plus performants.

D’une manière générale, les équipementiers proposent une visite sur l’exploitation avant toute installation pour s’adapter à votre bâtiment. Les marques mettent également l’accent sur la simplicité. Par exemple, le modèle Sofie, produit par Agri Video System’, dispose d’une mémoire avec des positions enregistrées. Une touche actionnée à distance suffit à régler la caméra et à la positionner précisément.

Selon les équipementiers, ces caméras fonctionnent en continu ou sont activées par des détecteurs ou commandes à distance.

La consultation des données se faisant en direct. Pour les éleveurs qui utilisent leur équipement également dans un rôle de surveillance de l’exploitation en général (contre les vols par exemple), il est possible de les associer avec un enregistreur. La Rédaction vous conseille alors de choisir une caméra dont l’enregistrement se fait sous stimuli pour limiter la quantité d’images et gagner en efficacité lors du visionnage.

Une fois en place, ce type de matériel requiert peu d’entretien : quelques mises à jour des logiciels utilisés pour le pilotage à distance, et un nettoyage/dépoussiérage annuel de l’objectif. Pour plus de simplicité d’utilisation, certaines caméras sont dotées d’un système de nettoyage qu’il suffit d’enclencher à distance.

Le dernier paramètre important à réfléchir est le mode de transmission des données de la caméra au support de consultation, car aujourd’hui les habitations ne sont plus forcément sur l’exploitation. Deux cas sont à distinguer. Premier cas, le bâtiment d’élevage est équipé d’une box internet, le plus simple est alors de connecter la caméra à cette dernière.

A l’inverse, dans le second cas, on peut opter :

– pour une transmission câblée jusqu’à l’habitation (100 à 200 m, au-delà le prix est supérieur à celui d’un pont Wifi) ;

– pour une connexion Wifi (jusqu’à 500 m de portée) ;

– pour un pont Wifi (1 borne d’émission + 1 borne de réception) qui offre une portée allant jusqu’à 7-10 km dans les conditions optimales, c’est à dire sans relief ni obstacle. En cas d’obstacle, il est possible de passer par des bornes relais (par exemple alimentée par une unité photovoltaïque).

En cas de zone blanche, des sociétés comme Detecvel vont jusqu’à proposer une connexion par satellite. Précisons enfin qu’il est aussi possible d’intégrer la fibre optique lors de la conception du bâtiment (2,70 €/m).

En fonction du mode de transmission des données, il est possible de visionner les images sur sa télévision (connexion par câble ou sans fil), sur son PC (connexion par Wifi, Adsl, fibre optique, satellite) ou sur son smartphone/tablette (connexion par Wifi, Adsl, 3G). Dans ce dernier cas (3G) il faut alors faire attention au forfait téléphonique choisi et à votre consommation de Data (risque de consommation hors forfait ou de blocage en cas de forfait bloqué). La consommation de data dépend bien entendu de la qualité des images reçues. En moyenne, un forfait de 2 Go/mois vous permettra de visionner 20 min tous les soirs.

Alors faut-il sauter le pas ? Du côté de la facture, comptez de 390 € HT (hors pose) pour une caméra infrarouge fixe d’entrée de gamme, à plus de 10.000 € HT pour une solution complète multi-caméras et pilotable à distance. Comme tous les équipements de confort, mesurer la rentabilité de ces accessoires est difficile. Libre à chacun de mettre un prix en face de son confort. Selon les spécialistes du marché, au global, 15 % des élevages français seraient aujourd’hui équipés de caméras. Les élevages bovins allaitants étant beaucoup plus équipés que les élevages laitiers. Une situation qui s’explique notamment par la différence de prix des veaux, entre les deux filières, et de leur importance dans le résultat de l’exploitation.