Les excédents mondiaux de sucre pèsent sur les prix
TNC le 09/06/2026 à 17:42
Le marché mondial du sucre continue de suivre une tendance baissière, plombé par des excédents grandissants. En France, la filière fait face à un triple défi : recul des cours, risque de jaunisse et charges en hausse.
Le marché mondial du sucre reste structurellement volatil, avec des cours qui demeurent « particulièrement sensibles aux aléas climatiques ainsi qu’aux arbitrages entre production de sucre et d’éthanol », souligne la note de conjoncture « grandes cultures » de juin 2026 de Chambres d’agriculture France.
Dans ce contexte incertain, la tendance de fond est toujours orientée à la baisse. Le prix du sucre blanc dans l’UE s’établissait ainsi à 510 €/t en mars 2026, contre 550 €/t un an plus tôt.
Cette détente s’explique par la lourdeur croissante du marché mondial. La campagne 2025/26 devrait de fait dégager un excédent de 0,8 million de tonnes, avec une production estimée à 191 Mt, selon les dernières prévisions de S&P Global.
La campagne 2026/27 s’annonce encore plus excédentaire : les prévisions tablent sur une production mondiale approchant les 194 Mt contre une consommation de 192 Mt, soit un surplus projeté à 1,9 Mt.
Premier exportateur mondial, le Brésil maintient son leadership. Sa production de canne sur 2025/26 est estimée à 673 Mt, en léger recul sur un an, à cause d’une baisse des rendements de 3 %. La production sucrière nationale atteindrait 44,2 Mt, l’un des niveaux les plus élevés jamais enregistrés, mais les exportations reculeraient de 3 %, à 34,1 Mt.
En Thaïlande, autre acteur majeur, la production 2025/26 est attendue à 11,8 Mt. Mais la campagne suivante marquerait un coup d’arrêt à 10,7 Mt, soit – 8 %, dans un contexte « d’incertitudes économiques et logistiques ».
Quant à l’Inde, elle enregistre sur 2025/26 un rebond de sa production, après plusieurs campagnes compliquées sur le plan climatique : + 8 %, à 27,7 Mt. Pour 2026/27, les projections tablent pour l’instant sur 30,2 Mt de sucre produits et 4,1 Mt d’éthanol. Mais des pluies importantes ont provoqué l’arrêt prématuré de plusieurs usines ces dernières semaines, ajoutant une part d’incertitude sur ces perspectives.
La note des chambres rappelle aussi la situation préoccupante de la France. Trois facteurs pèsent sur la rentabilité de la culture : le risque de jaunisse, le recul des cours du sucre et les charges en hausse.
Alors que les surfaces de betterave sont en recul de 5 % par rapport à 2025, la production nationale de sucre sur 2026/27 atteindrait 4,8 Mt selon S&P Global, au-dessus des chiffres de ces trois dernières campagnes (4,3 à 4,5 Mt, selon les données de FranceAgriMer).