Sainte-Soline : ils dénoncent « un procès politique »
AFP le 27/05/2026 à 16:19
Les militants syndicaux et associatifs rejugés en appel, mercredi à Poitiers, pour l'organisation de la manifestation de 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), qui avait dégénéré en violents affrontements avec les gendarmes, ont dénoncé mercredi un « procès politique ».
« On nous met devant les tribunaux pour terrifier et faire taire les mouvements, c’était bel et bien le but de la répression organisée à Sainte-Soline », a déclaré Benoît Feuillu, porte-parole des Soulèvements de la Terre, lors d’une conférence de presse avant l’ouverture du procès.
Ce militant écologiste avait été condamné en première instance à trois mois de prison avec sursis pour avoir organisé une manifestation interdite par les autorités le 23 mars à Sainte-Soline, avec d’autres prévenus membres du collectif Bassines non merci (BNM) et du syndicat agricole Confédération paysanne.
Ce rassemblement de plusieurs milliers de personnes s’opposait à la construction d’une vaste réserve d’eau dédiée à l’irrigation agricole, dénoncée comme un outil d’« accaparement de l’eau ». De violents affrontements avaient eu lieu entre des militants radicaux et les gendarmes qui avaient tiré quelque 5 000 grenades lacrymogènes sur une partie de la foule.
Une enquête « bâclée »
Des dizaines des personnes avaient été blessées et deux opposants plongés plusieurs semaines dans le coma. L’enquête sur ces violences a été classée sans suite fin 2025, les auteurs de tirs de grenades illicites n’ayant pu être identifiés selon le parquet de Rennes, malgré le visionnage de milliers de vidéos.
Cette enquête « a été proprement bâclée », a dénoncé mercredi BNM, réclamant que « toute la lumière soit faite sur les responsabilités de cette violence d’État », après des révélations de Mediapart et Libération.
Au terme d’une analyse fouillée des images de caméras-piétons que portaient les forces de l’ordre ce jour-là, les deux médias affirment avoir retrouvé le gendarme stationné dans un véhicule blindé et responsable du « tir tendu », dangereux et interdit, qui avait grièvement blessé l’une des victimes placées dans le coma.
Pour Julien Le Guet, porte-parole de BNM condamné à six mois de prison avec sursis en première instance, le fait « qu’avec les mêmes images, la presse arrive à révéler l’identité » des auteurs, « témoigne de graves dysfonctionnements de la justice ».
Ce militant écologiste poursuivi plusieurs fois depuis 2022 et condamné en mai à six mois de détention sous bracelet électronique pour une autre manifestation à Sainte-Soline, a dénoncé des procès « baillons » et « politiques » destinés à « vacciner tout esprit de résistance ».