Un texte pour réduire l’exposition au cadmium adopté en commission à l’Assemblée


AFP le 27/05/2026 à 15:11

Une proposition de loi écologiste pour limiter les risques d'exposition au cadmium, un métal lourd toxique auquel la population française est particulièrement exposée, a été adoptée mercredi en commission à l'Assemblée nationale. Elle sera examinée la semaine prochaine dans l'hémicycle.

Le texte très médiatisé du député écologiste Benoît Biteau, également porté par Clémentine Autain (l’Après), a été réécrit par rapport à une première version, qui prônait une interdiction totale. Dans un esprit de compromis, il propose cette fois une baisse progressive dès 2027 des taux de cadmium dans les engrais minéraux phosphatés, source importante d’apport en cadmium dans les sols agricoles.

Dans un récent rapport, l’agence de sécurité sanitaire française Anses a confirmé que l’alimentation est en France la première source d’exposition au cadmium, toxique pour la reproduction et cancérogène en cas d’exposition prolongée. L’Anses recommande d’abaisser les limites maximales autorisées de cadmium dans les engrais phosphatés à 20, contre 90 actuellement en France et 60 en Europe.

Une trajectoire par paliers

Pour des « raisons d’approvisionnement » et « diplomatiques », en France, « on s’est autorisé 90 milligrammes (…) le gisement marocain faisant partie de la principale ressource, avec un gisement riche en cadmium », a expliqué Benoît Biteau. Résultat, « la population française est contaminée comme aucun autre peuple européen », et c’est pourquoi « il faut que la France avance plus vite que les autres États membres », a-t-il ajouté.

La proposition de loi propose une trajectoire par paliers : réduire la teneur maximale autorisée à 40 milligrammes par kilo d’engrais dès 2027, puis à 20 à partir de 2030. Des amendements de Jean-Luc Fugit (Renaissance) visant à adoucir cette trajectoire, en atteignant ces cibles à des dates ultérieures, afin de « donner le temps aux producteurs » d’engrais de s’adapter, ont été rejetés.

Le gouvernement envisage lui une baisse à 60 en 2027, 40 en 2030, et 20 d’ici 2038. Pour la députée MoDem Louise Morel, le texte « ferait peser un risque sur la compétitivité de nos agriculteurs », alors que la majorité des engrais minéraux sont importés. Il entraînerait « de fortes contraintes sur les approvisionnements » et donc « une hausse des coûts difficilement supportable » pour les agriculteurs, a abondé Christelle Minard (LR).

Un argument battu en brèche par Benoît Biteau, selon qui les producteurs d’engrais affirment pouvoir être prêts à temps, grâce à des processus de « décadmiation » jugés « pas très onéreux ». Le surcoût pour les agriculteurs serait « de 2 € par hectare et par an », selon le député, lui-même agriculteur.