Litière de miscanthus : des valeurs fertilisantes intéressantes
TNC le 19/05/2026 à 05:49
Le miscanthus, culture durable et productive, est une alternative efficace à la paille pour la litière des animaux. Il en faut moins grâce à son fort pouvoir absorbant, et les fumiers qui en sortent présentent de bonnes valeurs fertilisantes.
Bien qu’elle connaisse un développement constant en France (13 000 ha en 2025), la culture du miscanthus reste méconnue. « Cette plante pérenne (implantée pour 20 ans !) produit une grosse quantité de biomasse. Elle ressemble au bambou mais n’est pas invasive. On implante la variété Miscanthus Giganteus au printemps et on la récolte en fin d’hiver. En termes de débouchés, le miscanthus est principalement utilisé en litière, paillage horticole et combustion. » Ludivine Mignot et Christine Archenault de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine interviennent dans le cadre du projet Miscan’plus visant à diffuser les connaissances sur la culture du miscanthus.
Le miscanthus en litière des bovins
Avec un fort pouvoir absorbant, le miscanthus est intéressant en litière car il réduit significativement l’humidité et les odeurs d’ammoniaque. « L’idéal, si la surface le permet, c’est de pouvoir produire son propre miscanthus car on l’achète souvent deux fois plus cher que ce qu’il coûte réellement à produire, recommande Ludivine Mignot. Comme il en faut deux fois moins que la paille pour la litière, il y a un vrai calcul de rentabilité à faire ! Côté rendement, ça va de 10 à 18 t/ha selon le sol. »
Il peut être utilisé de différentes façons :
– En litière malaxée compostée : cela consiste à mettre 25 à 30 cm de miscanthus dans la stabulation et de le mélanger 2 à 3 fois par semaine avec un outil à dents, un scarificateur ou autre outil de grattage.
– En litière accumulée : c’est une conduite de litière classique, on met 7 à 15 cm de miscanthus au départ puis on en rajoute un peu chaque jour.
– En fond : il s’agit de mettre 10 cm de miscanthus pour avoir un fond de litière très absorbant et on ajoute de la paille au-dessus régulièrement.
« Quel que soit le type de litière choisi, le miscanthus doit être bien sec (<15% humidité) avec des brins plutôt courts. Le bâtiment doit être bien aéré (c’est assez poussiéreux à la mise en place, mieux vaut écarter les animaux pendant cette phase) et surveiller la température de la litière pour éviter le développement des pathogènes (ça ne doit pas dépasser 37°C). » Christine Archenault complète : « Il faut penser au stockage du miscanthus qui se fait en vrac, sur une dalle étanche et à l’abri. »
Un fumier de miscanthus similaire au fumier de paille
En ce qui concerne les valeurs fertilisantes du fumier de miscanthus, des travaux sont encore en cours du côté de l’Inrae mais les premières tendances affichent des valeurs intéressantes. Pour un fumier stocké longtemps sous les animaux (entre 5 et 9 mois), comparé à un fumier de paille, on obtient des litières plus chargées en éléments minéraux et plus sèches :
– + 2 à + 8 U d’azote supplémentaire
– + 1 à 10 U de K2O
– + 0 à + 5 U de P2O5
– + 10 et 20 % de MS
Il faut tout de même avoir en tête que la litière de miscanthus, avec un temps de séjour long sous les animaux, produira un volume de fumier bien plus faible que celui de la paille. Cela peut en revanche être vu comme un avantage : moins de paille à gérer (pressage, stockage, etc.) et de la matière organique qui reste aux champs.

Les analyses n’ont montré aucune différence avec la litière paille de céréales si la litière miscanthus reste 2 mois sous les animaux. En effet, les litières sont assez similaires lorsque la fréquence de curage du miscanthus est élevée. « La composition du fumier varie selon les pratiques de curage et de malaxation, du temps de présence, du chargement et de la configuration du bâtiment. L’Inrae fait actuellement des mesures de dégradation dans le sol donc on devrait en savoir plus très vite », tempèrent les conseillères.