« Pour la première fois, je vois des céréaliers douter de leur avenir »


TNC le 13/05/2026 à 15:00
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Dans une tribune publiée par Le Point, le président de l’AGPB, Eric Thirouin, alerte à nouveau sur les difficultés que connaissent aujourd’hui les producteurs de grandes cultures, frappés par la hausse brutale du coût des intrants alors que les revenus sont négatifs depuis trois ans. La crise menace désormais la capacité des producteurs à répondre aux besoins alimentaires des Français, explique-t-il.

Exprimée à plusieurs reprises ces derniers mois, l’inquiétude des céréaliers ne faiblit pas, alors que le prix des intrants explose et que les incertitudes sont nombreuses quant à l’approvisionnement en engrais dans les semaines à venir. « Produire coûte toujours plus cher, sans que cela ne se traduise dans nos revenus », déplore ainsi Eric Thirouin, président de l’AGPB, dans une tribune publiée le 11 mai.

« Pour la première fois, je vois des céréaliers douter de leur avenir », explique l’agriculteur, qui évoque aujourd’hui « un déséquilibre profond qui s’ancre dans le temps ».

Une « bascule silencieuse »

Or, pour le président de l’AGPB, les Français n’ont pas conscience de cette situation, « parce que, jusqu’ici, les céréales ont toujours été là. Disponibles, accessibles, presque invisibles dans leur évidence ».

Il ne s’agit pas, poursuit-il, d’une simple crise agricole, mais « d’une bascule silencieuse, qui touche à quelque chose de beaucoup plus fondamental : notre capacité à continuer à nourrir ce pays », alerte-t-il.

Pour éviter ces sombres perspectives, des moyens peuvent encore être mis en œuvre, estiment les céréaliers, qui demandent « des choix politiques clairs, des règles équitables face à la concurrence internationale, une véritable ambition et une vision pour notre souveraineté alimentaire comme une force stratégique à préserver ».

Sans ce soutien appuyé, le problème « ne sera plus celui des agriculteurs », mais « celui de tous les Français », résume le président de l’AGPB.