Face à la flambée des intrants, le Modef défend plus que jamais les prix planchers


TNC le 12/05/2026 à 15:45
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(© © TNC)

Alors que les ministres de l’agriculture et du commerce ont réuni le 11 mai les représentants des filières agricoles, le Modef s’inquiète de l’absence de solutions face à la hausse des charges liée au conflit au Moyen-Orient et met en avant la nécessité de garantir aux agriculteurs des prix planchers indexés sur les coûts de production.

Dans la situation actuelle, « Egalim est complètement dépassé », constate Frédéric Mazer, co-président du Modef, cinquième syndicat agricole, au lendemain d’une réunion organisée au ministère de l’agriculture avec les filières agricoles.

Car la forte hausse du coût des intrants, notamment du GNR, induite par la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, menace fortement les travaux agricoles à venir. S’il n’y a pas de moyen d’action sur les charges, il reste possible de soutenir les prix, estime Frédéric Mazer. « Il est urgent de mettre en place ce que le Modef a toujours appelé les prix planchers », c’est-à-dire empêcher de « vendre en dessous- du coût de production », explique-t-il. Et si les distributeurs craignent un renchérissement trop important pour le consommateur, Frédéric Mazer rappelle qu’il n’y a pour le moment pas eu d’inflation sur les produits alimentaires.

« Profiter de la crise pour mettre en place des actions structurelles »

Le syndicat estime que la crise pourrait aider à « mettre en place des actions structurelles », déplorant le peu d’ambition de la loi d’urgence, même si les contrats d’avenir pourraient constituer une véritable opportunité de donner de la visibilité aux jeunes qui s’installent, explique le co-président du Modef. De même, si le plan engrais annoncé est une bonne chose, « il aurait fallu anticiper ». « C’est il y a 10 ans qu’il fallait le faire », insiste Frédéric Mazer.

« Ce n’est pas quand ça va mal qu’il faut penser à changer les choses », regrette-t-il, d’autant que, lors des crises d’ampleur, « ce sont toujours les plus petits » qui en subissent les conséquences. « Et on ne voit pas le bout du tunnel », ajoute-t-il.

Le gouvernement s’est engagé à réunir régulièrement les filières agricoles pour faire le point sur la situation, notamment sur le sujet du GNR, mais les ministres de l’agriculture et du commerce n’appellent pas, pour le moment, à rouvrir les négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution.