« Une pression pucerons en nette progression » dans la plaine betteravière


TNC le 30/04/2026 à 17:40
AlertePucerons

L'outil Alerte Pucerons permet de mieux appréhender la dynamique des vols. (© Alerte pucerons)

D'après les réseaux de suivi, l'Institut technique de la betterave (ITB) confirme une progression marquée des infestations de pucerons, avec des situations contrastées selon les régions. Cette évolution impose « une vigilance accrue ».

« Dans le Nord–Pas-de-Calais, les pucerons sont désormais observés sur la majorité des parcelles de betteraves, selon les dates de semis et les stades des betteraves. Une part importante des surfaces a déjà reçu un premier traitement », indique Florence Bourdeaux, chargée de mission démonstration et transferts du Plan national de recherche et d’innovation (PNRI). 

« Dans le secteur Somme/Oise, la pression continue de monter : 38 parcelles ont atteint le seuil T1 et 4 % ont déjà nécessité un second passage au 29 avril. Si l’efficacité du Teppeki est jugée globalement satisfaisante, des redéclenchements rapides sont signalés en raison des vols continus de pucerons ailés. La situation est plus hétérogène en Normandie, notamment en Seine-Maritime, avec des infestations allant de 0 à 40 % de plantes colonisées. Les vols semblent toutefois moins intenses sur la bordure littorale. »

C’est le Centre-Val de Loire qui concentre les plus fortes inquiétudes. « Les parcelles se situent en moyenne à sept jours du deuxième traitement, avec 30 à 50 % de betteraves à nouveau colonisées au stade 4 à 6 feuilles. Les vols sont très importants et, malgré une bonne efficacité des aphicides, la rémanence est souvent faible, conduisant parfois à des déclenchements de T3 déjà nécessaires. À cela s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en produits », précise Florence Bourdeaux. 

« En Champagne, la situation est hétérogène : 32 % des parcelles sont en-dessous du seuil T1, 54 % au T1 et 14 % au stade T2. Enfin en Alsace, les pucerons commencent à apparaître et les premiers traitements sont en cours de mise en œuvre. »

Dans son point de situation, l’ITB rappelle que l’observation régulière des parcelles reste le pilier de la stratégie de protection. « La difficulté de détection des pucerons, souvent bien cachés dans les petites feuilles, peut conduire à des décisions tardives si la surveillance n’est pas rigoureuse. » L’institut recommande de « raisonner les interventions uniquement lorsque les seuils sont atteints, afin de préserver l’efficacité des solutions disponibles ».