L’acétamipride créé de nouveaux désaccords au Parlement
AFP le 30/04/2026 à 14:12
L'examen d'une note scientifique sur les risques de l'acétamipride a suscité de rarissimes désaccords jeudi au sein de l'Office parlementaire des choix scientifiques (Opecst), entraînant le report de sa publication après un vote dénoncé par la gauche.
Déjà au cœur de la loi Duplomb, qui proposait l’an dernier sa réintroduction, l’acétamipride n’en finit plus de faire débat au Parlement.
Cet insecticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe jusqu’en 2033, était au cœur d’une « note scientifique » de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), concernant ses « impacts environnementaux et sanitaires ».
Mais, alors que l’Opecst devait se prononcer dans la matinée sur la publication de ces travaux menés par le député Rassemblement national Emeric Salmon et le sénateur socialiste Michaël Weber, celle-ci a été refusée après un vote très serré, selon plusieurs participants à la réunion.
Les parlementaires RN, Horizons et Les Républicains s’y sont opposés, tandis que la gauche a voté pour, avec un résultat final de six voix partout, un score insuffisant, selon les mêmes sources.
Des travaux à compléter
« Nous n’avons pas d’opposition à dire que l’acétamipride est un produit offensif, mais le tableau dressé nous a paru un peu apocalyptique », a expliqué à l’AFP le président LR de l’Opecst, Stéphane Piednoir, assurant que les travaux devront être complétés pour aboutir à un texte qui « conserve la rigueur scientifique » de l’Office.
Un tel report est rarissime au sein de l’Opecst, même si un précédent existe, en 2018 sur les impacts de l’huile de palme. Le corapporteur PS Michaël Weber s’est insurgé contre ce vote, dénonçant auprès de l’AFP « un jeu de dupes ». « Jusqu’à ce (jeudi) matin, il n’y avait pas de différend entre mon corapporteur RN et moi-même », a-t-il assuré, accusant la droite et le RN de « politiser » ce débat et de « vouloir gagner du temps pour ne pas faire sortir cette note avant l’examen du projet de loi d’urgence agricole », attendu le 19 mai à l’Assemblée nationale.
« Le calendrier parlementaire me concerne peu. J’ai considéré après mûre réflexion que certains points méritaient d’être plus creusés », a expliqué à l’AFP l’autre auteur de la note, le député RN Emeric Salmon, qui plaide notamment pour une audition de l’Efsa, l’autorité européenne.
Selon le projet de note dont l’AFP a obtenu copie, les parlementaires émettaient quatre recommandations, notamment le renforcement de l’évaluation des impacts des produits phytosanitaires à l’échelle européenne ou encore la mise en place de systèmes assurantiels pendant le laps de temps où les agriculteurs se trouvent « sans alternatives efficaces » à ces produits.
Créé en 1983, l’Opecst est un organe bicaméral – 18 députés, 18 sénateurs – assisté d’un conseil scientifique et chargé « d’éclairer » le Parlement en matière scientifique et technologique.