Distribution de produits bio : 12,67 millions d’euros d’amendes pour pratiques anticoncurrentielles


AFP le 16/04/2026 à 11:15

L'Autorité de la concurrence a prononcé jeudi des amendes d'un total de 12,67 millions d'euros à l'encontre du syndicat des magasins bio spécialisés Synadis Bio et de filiales de Carrefour et d'Intermarché/Les Mousquetaires pour une « entente » pendant plus de sept ans dans la vente de produits bio.

Cette « stratégie collective » visait « à empêcher la commercialisation des mêmes marques de produits bio au sein » des magasins spécialisés d’une part et des grandes surfaces généralistes d’autre part « afin d’éviter une comparabilité des prix entre les deux circuits », a expliqué dans sa décision l’autorité de régulation. La comparabilité des tarifs « aurait pu conduire à une baisse généralisée des prix au détriment » des magasins spécialisés, est-il ajouté.

Le Synadis Bio, qui représente des enseignes comme La Vie Claire, Biocoop, Naturalia (filiale de Casino), Accord Bio, a écopé de la plus forte amende, de 10 millions d’euros, pour avoir mis en place cette stratégie de mars 2017 à octobre 2024 dans le cadre de réunions de son conseil d’administration, « puis d’un règlement intérieur adopté en 2018 ».

D’autres sociétés « ont également participé activement » à ces pratiques de manière plus ponctuelle, selon l’Autorité. Parmi elles, Greenweez, spécialiste de l’e-commerce et du bio, est sanctionné à hauteur d’1,85 million d’euros, « solidairement avec sa société mère Carrefour SA ».

Une amende de 740 000 euros est en outre infligée à ITM Entreprises solidairement avec sa société mère Les Mousquetaires, tandis que Les comptoirs de la Bio, enseigne spécialisée bio du groupement MIntermarché, écope de 80 000 euros d’amende.

Les enseignes représentées par Synadis Bio comptent 2 000 magasins qui réalisent environ 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, pesant pour 40 à 50 % de la distribution bio en France et 15 000 emplois.

L’entente dénoncée jeudi s’est « déroulée dans un contexte marqué par le fort développement de l’offre de produits bio dans le circuit » généraliste, « devenu le premier circuit de distribution de ces produits depuis 2016 », selon l’Autorité de la concurrence.

Cette dernière n’a pas retenu la participation d’autres entreprises initialement mises en cause à l’instar de Sobio et CSF, détenues par Carrefour, a-t-elle précisé jeudi lors d’une conférence de presse.