Les forestiers privés alertent sur la surpopulation de gibier
AFP le 15/04/2026 à 15:59
Les forestiers privés ont appelé mercredi les pouvoirs publics, et le monde de la chasse, à agir « réellement » contre les dégâts infligés aux forêts par une population croissante de gros gibier.
Dans un « plan d’urgence pour la forêt française de 2050 », présenté un an avant l’élection présidentielle, la fédération Fransylva appelle à moins de normes et des mesures fiscales pour le secteur, mais aussi à « rétablir l’équilibre forêt-gibier », un sujet chaque année plus « prégnant » qui n’a toujours pas trouvé de solution.
Environ « 30 % du plan de renouvellement forestier de l’Etat en 2022 a servi à mettre des protections de plastique autour des arbres, du plastique qui restera en forêt, ce n’est pas acceptable », a dit à la presse le président de Fransylva Antoine d’Amécourt, qui questionne en outre leur efficacité.
« Il faut arriver à un équilibre. Notre souhait n’est pas qu’il n’y ait plus d’animaux. Des dégâts en forêt, c’est normal. Mais là, on arrive à un point où des gens font des investissements (de plantation), aidés ou non par l’Etat, et où tout est saccagé », ajoute-t-il, relevant que « cela peut remettre en cause la gestion durable de la forêt ».
De nouveaux plans de chasse
Fransylva appelle à de nouveaux « plans de chasse » pour rétablir l’équilibre. « Il faut revoir les modes de chasse, de dérangement, un peu aussi les modes de sylviculture », note-t-il, évoquant également le sujet des débouchés pour la viande.
Un « comité technique » national a été installé par le gouvernement il y a quelques années, réunissant régulièrement chasseurs et forestiers. « Le comité existe mais on doit s’interroger sur la volonté, ensuite, de faire appliquer réellement les choses. Il y a des pistes, mais ça ne doit pas rester de la réflexion », a souligné la vice-présidente de la fédération, Anne Dunoyer. « Le monde de la chasse doit prendre conscience de sa responsabilité (…) et on demande que l’Etat s’engage davantage », a-t-elle ajouté.
Chevreuils, cerfs et sangliers en surpopulation affectent « lourdement » la biodiversité et le renouvellement des arbres, qui attirent d’autant plus qu’ils sont jeunes, notent les gestionnaires de forêt.
Il y a deux ans, la Cour des comptes elle-même avait soulevé le problème. Assurer partout sur le territoire un équilibre sylvo-cynégétique permettrait de régénérer la forêt sans mise en oeuvre de protections et donc de réaliser une économie comprise entre 225 et 375 millions d’euros », avait-elle relevé.
En France, 75 % des 17 millions d’hectares de la forêt métropolitaine sont détenus par 3,5 millions de propriétaires privés.