Le pétrole s’installe à 100 dollars


AFP le 16/03/2026 à 10:40

Les marchés mondiaux naviguent à vue lundi face à un baril de pétrole désormais installé au-dessus des 100 dollars, les investisseurs se focalisant sur les derniers développements de la guerre au Moyen-Orient.

« La semaine a commencé selon un schéma désormais habituel », souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. « Les prix du pétrole ont progressé à l’ouverture avant de céder une partie de leurs gains, les investisseurs digérant les dernières nouvelles en provenance du Moyen-Orient » au 17e jour de la guerre.

Vers 8h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 3,06 % à 106,30 dollars, et son équivalent américain, le WTI gagnait 2,15 % à 100,83 dollars.

« Malgré tout, un certain soulagement est perceptible (…) après l’annonce que deux tankers transportant du gaz de pétrole liquéfié vers l’Inde ont pu traverser le détroit » d’Ormuz, note Mme Ozkardeskaya.

Téhéran a en grande partie interrompu le trafic sur cette voie maritime clé, par où transite un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, depuis le début de la campagne américano-israélienne de bombardements contre l’Iran.

Le président américain fait pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu’ils sécurisent le trafic d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz au moment où les grandes économies mondiales commencent lundi à puiser dans leurs réserves stratégiques pour prévenir un choc pétrolier.

Donald Trump a prédit « des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’Otan » si les pays de l’alliance refusent d’obtempérer, et a menacé de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril.

« La réponse a toutefois été mitigée : il s’agit en effet d’une demande très sensible sur les plans politique et géopolitique », souligne Ipek Ozkardeskaya.

Pour amortir la flambée du brut, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l’Agence internationale de l’énergie, a précisé l’organisation dimanche.