Consommation record, nouveaux poulaillers, tensions en magasins : la folle année des oeufs
AFP le 12/02/2026 à 17:45
Les Français ont consommé 237 œufs chacun en 2025, un record et dix de plus qu'un an plus tôt, mais la production n'a pas suivi et des rayons dégarnis ont émergé ici et là. De quoi susciter des vocations pour construire des poulaillers, se félicite la filière.
En 2035, la consommation pourrait même passer à 269 œufs par an et par personne, prévoit l’interprofession des œufs (CNPO) dans son bilan annuel dévoilé jeudi. Celle-ci a annoncé jeudi de nouveaux objectifs de construction de poulaillers pour répondre à cette demande : 575 nouveaux bâtiments d’ici 10 ans. L’année dernière, le CNPO avait annoncé un objectif plus proche : 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030. En 2025, 18 bâtiments ont été construits, soit un potentiel de 200 millions d’œufs supplémentaires par an.
Pas de quoi compenser la hausse de la consommation, qui nécessite 300 millions d’œufs supplémentaires rien que dans les magasins, où les consommateurs privilégient les œufs français, quand l’industrie alimentaire et la restauration ont plus recours à l’importation pour compenser le manque d’approvisionnement.
Les éleveurs ont été contraints de garder plus longtemps des poules malgré une baisse de leur rendement à partir d’un certain âge et d’autres ont retardé leur abandon des cages, qui signifie un nombre de poules moindre par bâtiment. La filière maintient toutefois son objectif d’avoir 90 % de la production française hors cage d’ici 2030 contre 77 % en 2025.
En 2026, 40 nouveaux poulaillers seront installés, soit 1,25 million de poules et 375 millions d’œufs, une poule pondant un peu moins d’un œuf par jour en moyenne.
« Les tensions d’approvisionnement vont disparaître assez rapidement », a déclaré lors d’une conférence de presse le président du CNPO Yves-Marie Beaudet, qui a toujours été prudent avec le terme « pénurie ».
Quelque 220 projets de construction sont en cours d’instruction mais la filière dénonce la « lourdeur administrative » et les révisions d’une directive européenne fixant les seuils d’autorisation environnementale pour les nouveaux bâtiments mais aussi les seuils de rejets d’ammoniac polluants.
Signe que produire des œufs est rémunérateur, la plupart de ces projets ont déjà trouvé des acheteurs pour les futures pontes, les supermarchés cherchant à sécuriser leurs approvisionnements.
Cette production, peu contraignante par rapport à l’élevage bovin, a par ailleurs attiré de nombreux céréaliers qui ont vu leur revenu passer dans le rouge avec la baisse des cours mondiaux et cherchent à se diversifier, indique le CNPO.