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Comptes prévisionnels de l’agriculture

Une hausse de la valeur qui masque une réalité très contrastée en 2021


TNC le 15/12/2021 à 16:20
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Si les comptes de l'agriculture montrent une hausse de la valeur de la production en 2021, la réalité est contrastée entre les filières, rappellent les organisations agricoles. (©Pixabay)

Dévoilés le 15 décembre, les comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2021 mettent en avant une hausse de la valeur ajoutée agricole, tirée par la hausse des prix. Néanmoins, ces résultats interviennent après une mauvaise année 2020, et masquent une réalité très contrastée entre les filières. Les données du Rica pour 2020, présentées le même jour, confirment d’ailleurs les difficultés rencontrées l’année dernière.

Le compte prévisionnel de l’agriculture pour 2021 a été présenté par l’Insee le 15 décembre, annonçant une hausse de 11,2 % de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif, qui correspond à une augmentation de près de 17 % de la valeur ajoutée agricole par actif, subventions inclues. Pour autant, ces chiffres ne doivent pas masquer les difficultés rencontrées par certaines filières, entre les aléas climatiques, et la hausse généralisée des charges, rappellent différentes organisations du monde agricole.

Un « rattrapage après une mauvaise année 2020 », soulignent les Chambres

Pour les Chambres d’agriculture, « cette hausse est un rattrapage après une mauvaise année 2020 qui avait plongé de nombreux secteurs agricoles dans de grandes difficultés ». Les données du Rica (Réseau d’information comptable agricole) pour 2020 montrent d’ailleurs une baisse du revenu courant avant impôt pour les exploitations spécialisées en grandes cultures (- 7,4 %), les exploitations viticoles (- 10 %), les élevages bovins (- 8 %) et porcins (- 52,6 %). Par ailleurs, si la conjoncture de marchés s’est montrée favorable aux céréaliers, certaines filières, notamment la viticulture et l’arboriculture, ont subi de plein fouet les aléas climatiques qui ont amputé la production.

D’après les données du Rica, « la moitié des exploitations agricoles ont un résultat courant avant impôts par unité de travail non salariée (RCAI/UTANS) inférieur à 20 000 euros par an, en particulier les éleveurs et les céréaliculteurs ; plus généralement, les agriculteurs français n’atteignent pas le niveau des voisins européens comme l’Allemagne et le Royaume-Uni », rappelle de son côté la FNSEA.

Des charges qui explosent

Le syndicat agricole se montre d’ailleurs plus que dubitatif quant à la poursuite de cette tendance haussière en 2022 : «  l’impressionnante flambée des charges agricoles ces derniers mois, que ce soit l’énergie, les engrais ou l’alimentation animale, est bien plus rapide que la hausse des prix agricoles et grèvera une fois de plus le revenu agricole », prévient la FNSEA.

« Une réalité catastrophique pour les années à venir », redoute la CR

Une remarque également formulée par la Coordination rurale pour qui, « si la hausse des consommations intermédiaires apparaît limitée, elle traduit une réalité catastrophique pour les années à venir ». Ainsi, « faute de trésorerie, beaucoup d’agriculteurs ont renoncé à fertiliser leur sol ce qui compense l’envolée du prix de l’énergie (+ 15,5 % en valeur). Les achats d’engrais diminuent de 10,6 % en 2021, après une baisse de 8,6 % en 2020. C’est donc en puisant dans le capital production des terres que la production est maintenue ; capital qu’il sera difficile de reconstituer compte tenu du prix des engrais fin 2021 », ajoute le syndicat.