Transformateurs Enedis dégradés : 4 agriculteurs de la CR jugés en avril à Toulouse
AFP le 13/02/2026 à 14:15
Quatre agriculteurs de la Coordination rurale (CR), dont le président du syndicat de Haute-Garonne, seront jugés le 8 avril devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour dégradations en réunion de transformateurs Enedis courant janvier, a annoncé vendredi le procureur de la République.
Le parquet a requis leur placement sous contrôle judiciaire en attendant leur comparution, a déclaré David Charmatz, lors d’une conférence de presse au palais de justice, où une trentaine d’agriculteurs de la CR s’étaient réunis vendredi matin.
Du 15 au 27 janvier, durant six nuits, 73 dégradations ont été commises sur des transformateurs Enedis, privant 4 300 foyers d’électricité pour un préjudice estimé entre 80 000 et 90 000 euros, a précisé le procureur. Il a souligné que ces « exactions commises en parallèle des manifestations » agricoles de l’hiver, « n’étaient pas du tout liées aux cortèges » de protestation contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur ou l’abattage systématique de l’ensemble d’un troupeau lorsqu’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est détecté en son sein. Les enquêteurs « n’imaginaient absolument pas que ces actes avaient un lien avec les agriculteurs », a abondé le colonel Stéphane Dallongeville, chef des opérations de groupement de gendarmerie de Haute-Garonne, lors du même point presse.
Dans le cadre d’une enquête ouverte au début des dégradations, des patrouilles nocturnes de gendarmerie ont permis de contrôler six personnes, dans deux véhicules distincts où se trouvaient notamment des bonnets jaunes de la CR, en deux secteurs surveillés dans la même nuit du 26 au 27 janvier.
« Leur téléphonie a permis de confirmer leur présence sur six périples lors de six nuits de janvier » sur les lieux des exactions, a précisé le procureur.
Sur les six hommes interpellés mercredi et placés en garde à vue, trois ont reconnu les faits et désigné le président départemental de la CR, qui a également été placé en garde à vue mercredi soir, a ajouté M. Charmatz.
Les quatre suspects, âgés de 35 à 45 ans, sont poursuivis pour dégradations de biens d’utilité publique en réunion, vols en réunion de cadenas et de clavettes (pièces métalliques du transformateur). Ils encourent jusqu’à sept ans de prison et 3 500 euros d’amende par transformateur dégradé.
Parmi les agriculteurs réunis devant le tribunal, bonnets jaunes sur la tête, Lionel Candelon, membre de la direction de la CR et président de la chambre d’agriculture du Gers, a jugé la réponse judiciaire « complètement disproportionné ». « C’est une chasse à l’homme », a-t-il dit à l’AFP, « clairement, il y a un acharnement des hautes autorités, que ce soit le préfet de région ou le procureur de Toulouse, à casser du bonnet jaune ».
Dominique Raud, éleveuse de Haute-Garonne, a dénoncé « la pression policière » qui s’abat de plus en plus sur la CR et empêche qu’« on entende nos revendications ».
Les quatre suspects ne sont, en revanche, pas inquiétés par l’enquête sur la coupe d’un arbre en bordure de route et laissé sur la voie publique, provoquant deux accidents le 15 janvier, a précisé le procureur, annonçant la poursuite de cette deuxième enquête.