Silos : un plan à 4,3 milliards d’euros pour moderniser le stockage des grains


TNC le 06/03/2026 à 18:30

La Coopération agricole appelle à un plan d’investissements de 4,3 milliards d’euros pour moderniser en profondeur les infrastructures françaises de stockage.

Dans un communiqué du 5 mars, la section Métiers du grains de la Coopération agricole revient sur « Infrastructures 2030 », sa feuille de route présentée au Salon de l’agriculture visant à « moderniser, créer et rationaliser les infrastructures de stockage des grains français ». Pour ce faire, l’organisation estime à 4,3 milliards d’euros l’investissement total qui serait nécessaire d’ici 2040 et dont les modalités de financement restent à préciser.

La France compte aujourd’hui 4 568 silos qui représentent une capacité totale de 44 Mt, pour une production annuelle moyenne de 60 Mt. 40 % de ces silos ont plus de 50 ans et seulement 15 % moins de 25 ans, une situation de « vétusté » jugée très préoccupante pour la pérennité de la filière et la sécurité alimentaire du pays.

Associant coopératives, négoces, instituts, interprofessions et pouvoirs publics, ce plan de résilience des silos français envisage la rénovation complète de 10 % du parc (soit 4,4 Mt), des travaux légers pour 15 % du parc (6,5 Mt) et la création de nouveaux silos pour 11 % du parc (4,8 Mt).

En parallèle, il prévoit le démantèlement sur quinze ans de 13,5 Mt de capacités jugées obsolètes, soit 31 % du parc, et des travaux de modernisation technologique (tri, allotement et gestion optimisée des lots).

« Nos infrastructures vieillissantes sont un enjeu stratégique majeur. Ce plan garantit la souveraineté alimentaire de la France et de l’Europe, mais il exige un choc d’investissement et de simplification pour réussir », argue Antoine Hacard, président de La Coopération agricole-Métiers du grain.

Le plan cible quatre objectifs clés :

  • Sécurité alimentaire : garantir des capacités intercampagne pour faire face aux crises sanitaires, climatiques, géopolitiques ou économiques.
  • Adaptation aux besoins futurs : prise en compte des grains bio et des cahiers des charges spécifiques.
  • Optimisation logistique : régularisation des flux portuaires et massification des rotations.
  • Création de valeur : infrastructures agiles capables de gérer des volumes diversifiés et des produits à forte valeur ajoutée.