Sial : fréquentation stable mais un « ressenti » troublé par les manifestations


AFP le 20/10/2026 à 17:30

Le salon international de l'alimentation (Sial), grand rendez-vous professionnel organisé près de Paris, a connu une baisse de fréquentation samedi en raison des manifestations émaillées de violences, avant un « rattrapage » en début de semaine qu'il espère confirmer avant sa clôture mercredi.

« Samedi matin avait très bien commencé et ça s’est arrêté assez brutalement vers 13h-14h, on a eu une moins bonne journée qu’en 2024. Dimanche et lundi ont été similaires (à l’édition précédente, Ndlr). Et mardi est pour l’instant meilleure », a déclaré mardi à l’AFP son directeur, Jean-Gabriel Mollard.

Le salon qui a lieu tous les deux ans au parc des expositions de Villepinte (nord-est de Paris), devrait s’achever en 2026 avec « une fréquentation similaire à 2024 », qui avait réuni plus de 285 000 professionnels.

Mais, selon Jean-Gabriel Mollard, le « ressenti et l’image sont catastrophiques ». Dans les allées, l’actualité s’immisce dans la plupart des conversations des exposants et journalistes étrangers.

« Nous sommes au ralenti. En vingt ans de présence au Sial, c’est l’année de plus faible affluence sur notre stand », confie Ranajay Chakraborty, représentant d’une marque indienne, évoquant les mouvements sociaux mais aussi le contexte international.

Selon l’Association nationale des industriels alimentaires (Ania), le niveau de rendez-vous entre professionnels internationaux s’est maintenu, avec peut-être une présence d’acheteurs français ponctuellement plus faible.

Une délégation du G7

Les « tensions internationales » ont affecté le salon, confirme Jean-Gabriel Mollard : « certains pays du Moyen-Orient ont annulé leur participation, les Saoudiens ont réduit leur surface (à cause de la guerre, NDLR), le Japon a limité aussi le nombre de personnes » pour des raisons économiques. Mais l’événement y est habitué et, « plus il y a de tensions, plus il est important de venir sur les salons », plus « l’alimentation est chère, plus il devient vital de vendre et d’exporter », ajoute-t-il.

Le salon a reçu une délégation du G7 conduite par la ministre française de l’agriculture et de l’agroalimentaire Annie Genevard, mais aussi des parlementaires, d’autres ministres étrangers et une soixantaine d’ambassadeurs, selon le directeur.

Il regrette toutefois l’absence de visite présidentielle et reconnaît que ce salon très professionnel attire moins les candidats à l’élection que les salons grand public.

« La France agroalimentaire, première industrie de notre pays, doit avoir le soutien du président », avait regretté samedi Jean-François Loiseau, président de l’Ania, citant l’exemple de l’engouement des politiques pour le Mondial de l’auto la semaine dernière, alors que l’industrie automobile génère moins de revenus et d’emplois que l’industrie agroalimentaire en France.