Satellite, prairie, budget : les demandes des syndicats au Sommet de l’élevage


AFP le 07/10/2026 à 09:45

Plusieurs syndicats agricoles ont alerté mardi au Sommet de l'élevage en Auvergne au sujet des demandes pressantes d'aide aux agriculteurs, espérant des annonces de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard dont la venue a été reportée à jeudi.

À l’ouverture du Sommet de l’élevage, des militants de la section Auvergne-Rhône-Alpes de la FNSEA ont déroulé une banderole sur le stand du Crédit Agricole pour alerter sur l’assurance des prairies. L’herbe n’ayant quasiment pas poussé depuis la fin du printemps en raison du manque de pluie, les éleveurs ont dû piocher dans le fourrage prévu pour l’hiver, en attendant les indemnisations des pertes de prairie, prévues au titre du mécanisme d’indemnité de solidarité nationale (ISN).

Ils contestent toutefois les données du satellite chargé de mesurer depuis le ciel la pousse de prairies et demandent à ce qu’il soit complété par des mesures sur le terrain. Le satellite fait état de pertes de « 15-20 % inférieures » à celles constatées au sol, selon la FNSEA. Hervé Lapie, secrétaire général de ce syndicat, attend aussi des annonces jeudi sur des prêts à taux zéro pour aider les agriculteurs à reconstituer leurs trésoreries et rebondir après l’été catastrophique qu’ils ont subi.

Les Jeunes Agriculteurs (JA) attendent quant à eux des mesures budgétaires et dénoncent la suppression dans le projet de budget présenté la semaine dernière de 100 millions d’euros destinés aux régions pour leurs missions agricoles, estimant que cela va surtout toucher les budgets destinés à l’installation des jeunes. « Nous attendons un vrai plan de rebond ambitieux », a déclaré le président des JA Jocelyn Dubost à Cournon-d’Auvergne.

Le ministère de l’Agriculture a justifié mardi cette baisse lors d’une présentation aux journalistes, affirmant que « les régions parvenaient désormais à voler de leurs propres ailes » à propos de la gestion des fonds européens de la politique agricole commune (Pac). L’État a ainsi décidé de supprimer la dernière tranche de 100 millions sur un total de 500 millions prévus sur les cinq dernières années pour les aider à absorber ces compétences.

Le « plan de rebond », qui devait compléter dans le budget le plan d’urgence annoncé en septembre, est « en cours de construction » et « trouvera sa place par voie d’amendement » dans le budget, a déclaré le ministère, répondant aux syndicats qui dénonçaient l’absence de mesures de rebond dans la copie budgétaire initiale.