Commercialisation du blé

Rien n’arrête la hausse des perspectives d’exportations


TNC le 11/03/2020 à 18:48
Selon la Commission européenne, la France a expédié 6,6 Mt de blé vers les pays-tiers au 2 mars 2020. (©TNC) 

Selon la Commission européenne, la France a expédié 6,6 Mt de blé vers les pays-tiers au 2 mars 2020. (©TNC) 

Malgré toutes les incertitudes qui pèsent sur le marché des grains, FranceAgriMer a de nouveau augmenté ses perspectives d’exports de blé tendre vers les pays-tiers. Ils sont désormais attendus à 12,7 Mt. Bien que l'impact du coronavirus sur les exportations françaises de céréales soit restreint pour le moment d'après l'établissement public, une possible détérioration n'est pas à exclure.

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Pour le sixième mois consécutif, FranceAgriMer a procédé à une nouvelle hausse de ses prévisions d’exportations de blé tendre vers pays-tiers durant la campagne 2019/20. Mais l’organisme a rompu avec son habitude d’ajustement par tranche de 200 000 t, et n’en a ajouté que la moitié cette fois-ci. Le mois dernier, c’est la compétitivité accrue de la céréale et la très bonne campagne d’export réalisée depuis le début de campagne qui avaient poussé l’organisme à revoir sa copie. Les grèves, qui avaient commencé à secouer le pays à partir de décembre, n’auront pas fait flancher les exports, mais terni l’image de la France.

Malgré le climat international instable et incertain, avec notamment « la hausse des parités monétaires et la baisse relative attendue de la compétitivité française sur les marchés pays-tiers au profit de le Russie », le total est passé de 12,6 Mt à 12,7 Mt. Les exportations qui ont été réalisées sont restées dynamiques, mais cet ajustement est surtout lié au fait que « FranceAgriMer avait une position conservative le mois dernier », a expliqué Marion Duval, adjointe au chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer. 

La collecte a été revue légèrement à la hausse, avec 63 000 t de plus comparé au mois dernier. Par ailleurs, « la moindre compétitivité du blé tendre dans les formulations animales se confirme », ce qui a conduit l’organisme à rééquilibrer le poste utilisation de blé par les fabricants d’aliments du bétail. 100 000 t ont été retirées sur le blé et basculées directement sur le maïs.

En somme, à 2,46 Mt, les stocks finaux progressent de 56 000 t par rapport au mois dernier.

Le coronavirus sème l’incertitude

Toutefois des incertitudes demeurent sur les exportations au sein de l’Europe, et tout particulièrement sur l’impact que le coronavirus aura sur les flux avec l’Italie. Récemment, « des conducteurs de poids lourds hongrois ont fait valoir leur droit de retrait », a expliqué FranceAgriMer. Mais « la question se pose surtout sur le portuaire, avec la mise en quarantaine de certains bateaux, qui pourrait perturber considérablement les échanges ». La réception des marchandises ainsi que le fonctionnement des usines pourraient eux aussi être impactés à la suite de mesures de mises en confinement.

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Mais le ministère de l’agriculture se veut rassurant. Il a annoncé par un communiqué  ce mercredi 11 mars que les échanges commerciaux avec l’Italie se poursuivent : « Le gouvernement italien a adopté des mesures de restriction importantes sur son territoire pour contenir la progression de l’épidémie de coronavirus. Mais les transports professionnels de marchandises à destination de l’Italie restent possibles, en particulier des produits agroalimentaires et des animaux vivants, sous réserve du respect par les transporteurs de certaines exigences (une auto-déclaration doit être présentée aux forces de l’ordre en cas de contrôle, permettant de justifier de la circulation en Italie) ».

Cependant, une évolution des restrictions est toujours possible et il est difficile de savoir comment va évoluer la situation. 

Un impact difficile à déterminer en cas de « stade 3 »

Si le niveau 3 est atteint, « l’impact sur l’agriculture reste compliqué à déterminer », affirme l’organisme. « Sur l’activité agricole il ne risque pas tellement d’avoir de problèmes, mais pourrait y en avoir sur les approvisionnements : en carburant, d’une part, mais aussi en engrais ou en produits phytosanitaires ». 

Pour le moment, « ça continue de tourner normalement ». Les exports de grains vers la Chine n’ont subi aucun impact pour le moment et ont été épargnées par toutes les mesures d’isolement prises par les autorités chinoises. « Les céréales sont passées au travers de ces problèmes parce qu’elles transitent par un itinéraire différent. Elles rejoignent les port situés dans le sud du pays, tandis que « les ports de Pékin et Shangaï manquent de personnel pour assurer la logistique ». 

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