Quel impact d’une réduction des LMR de pesticides pour les importations de l’UE ?
TNC le 11/08/2026 à 17:33
Dans une étude publiée le 11 août, la Commission européenne évalue les effets, sur le marché, de l’abaissement de toutes les limites de résidus de pesticides les plus dangereux dans les aliments importés. Sans adaptation dans les pays tiers, les importations agricoles de l’UE pourraient ainsi baisser de 41 %.
Que se passerait-il dans les échanges et la production agricoles si toutes les limites maximales de résidus (LMR) étaient abaissées aux limites de quantification (LOQ) pour les importations au de l’UE ? Une étude préliminaire évalue les effets d’une telle mesure selon trois scénarios différents, reflétant divers degrés d’adaptation des producteurs.
Baisse des importations de – 0,4 % à – 41 % selon les scénarios
Dans tous les scénarios, la production végétale européenne progresserait, constate l’étude, avec une compétitivité boostée par le déclin des importations. Dans le premier scénario, qui considère que la nouvelle norme mènerait à un arrêt complet des flux d’échange, les importations agricoles totales de l’UE diminueraient de 41 % au global. Pour le citron et le soja, la baisse avoisine les – 90 %. En parallèle, la production agricole européenne augmenterait de 1,1 % et les surfaces agricoles gagneraient 1,9 million d’ha (+1,2 % de SAU). L’augmentation des prix de l’alimentation animale mène en revanche à une diminution de la production de viande de l’UE (- 5,8 % pour le porc, – 5,4 % pour la volaille).
Cet impact apparait négligeable dans le scénario plus central, qui envisage des adaptations de la part des pays tiers, avec un surcoût des exportations vers l’UE de l’ordre de 20 %. La baisse des importations serait plus limitée (- 8 %), et la production agricole de l’UE augmenterait faiblement (+ 0,23 %).
Le dernier scénario, qui envisage davantage d’accompagnement des producteurs dans les pays tiers, et une hausse des coûts d’exportation vers l’UE limitée à 5 %, la baisse des importations se cantonnerait à – 0,4 %.
Une première analyse à compléter
Les auteurs mettent en avant plusieurs limites à leur étude, notamment l’application homogène de la réaction présumée des producteurs à toutes les substances, toutes les commodités et tous les pays tiers. L’analyse ne prend pas non plus en compte les aspects sociaux et environnementaux.
« Cette étude constitue une première étape dans l’analyse du principe annoncé dans la Vision de la Commission pour l’agriculture et l’alimentation, selon lequel les pesticides les plus dangereux, interdits dans l’UE pour des raisons de santé et d’environnement, ne devraient pas revenir dans l’UE par le biais des produits importés. Elle fournit une base analytique pour une éventuelle action appropriée et proportionnée afin de progresser vers une plus grande réciprocité des normes, mais ne préjuge pas des prochaines étapes qui pourraient être prises par la Commission. Elle alimentera également une analyse d’impact. », explique ainsi la Commission européenne.