Prix du lait : la FNPL déclenche une mobilisation générale
AFP le 29/01/2026 à 10:28
La Fédération nationale des producteurs de lait a appelé mercredi ses adhérents à mener des actions auprès des coopératives laitières, des industriels, des restaurateurs et des supermarchés, pour que la rémunération des éleveurs ne soit pas leur « variable d'ajustement ».
« A chaque fois qu’il y a une petite crise, un soubresaut au niveau de la planète laitière, c’est toujours le producteur qui trinque. C’est juste pas entendable, pas possible. On a des industriels qui ne jouent pas le jeu », a dénoncé Yohann Barbe, président de cette association spécialisée de la FNSEA.
Selon lui, le contexte a été favorable en 2025 avec une collecte laitière qui s’annonce en hausse, dépassant 23 milliards de litres de lait, et des marges positives pour les éleveurs, après une année 2024 « à l’équilibre » et trois années dans le rouge auparavant.
Mais 2025 a aussi été l’année de la baisse des prix du beurre, qui avaient atteint des records. Brandissant la « menace de surproduction » laitière, plusieurs industriels font planer le risque de baisses des prix payés aux éleveurs, affirme la FNPL, notamment ceux dont les formules très complexes de calcul du prix du lait intègrent des indicateurs de lait.
« Dès que ça dévisse sur le beurre/poudre, on en profite pour remettre encore une plus grosse claque aux éleveurs », a protesté Yohann Barbe, lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle plusieurs responsables ont cité tour à tour les industriels Lactalis et Savencia, qui ont annoncé plusieurs accords avec leurs producteurs pour 2026, mais aussi la coopérative Agrial.
Des contrôles sur l’origine des produits
Une délégation de la FNPL compte intervenir lors d’un conseil d’administration de cette coopérative, vendredi à Caen, pour contester la baisse de rémunération attendue pour les éleveurs d’Agrial et pour qu’ils « ne soient pas la variable d’ajustement en 2026 ».
« On a fait passer le message à toutes nos sections laitières pour que, la semaine prochaine, des pressions soient mises, jusqu’au Salon de l’agriculture et jusqu’à la fin des négociations commerciales » entre industriels et grande distribution fin février, a déclaré le secrétaire général de la FNPL Stéphane Joandel.
Ces actions viseront notamment à faire des contrôles sur l’origine des produits dans la restauration hors domicile et dans les supermarchés, mais aussi à interpeller les industriels transformateurs. La FNPL décidera ensuite la semaine prochaine si elle organise des actions « de plus grande ampleur ».