Pollinisateurs

Présentation attendue du plan de protection vendredi, syndicats et ONG inquiets


AFP le 17/12/2020 à 14:43
Resterait le traitement possible avec des produits portant la mention

Resterait le traitement possible avec des produits portant la mention "abeilles" à des horaires où leur présence est limitée. (©Pixabay)

Le gouvernement pourrait présenter vendredi un plan de protection des pollinisateurs, selon la FNSEA, Générations futures et les apiculteurs, avec une possible extension de l'interdiction de pulvériser des produits phytosanitaires pendant les périodes de floraison.

« Les grandes orientations du plan seront présentées lors de cette réunion », a fait savoir le ministère, le plan devant être finalisé d’ici la fin de l’année ou début 2021. Le plan de protection des pollinisateurs intervient alors que l’effondrement des populations d’insectes, des abeilles notamment, menace des productions agricoles. Selon l’association Générations futures, « la principale mesure annoncée est l’extension de l’interdiction de traitement (aujourd’hui applicable uniquement aux insecticides) à tous les produits pesticides, c’est-à-dire les herbicides et fongicides, sur les cultures attractives qui sont en floraison », selon un communiqué. « Il persisterait une possibilité de traiter pour les produits qui portent la mention « abeilles » moyennant une adaptation des horaires pour éviter leur présence : trois heures après le coucher du soleil », avec des dérogations possibles, selon l’ONG.

Les syndicats d’apiculteurs (Unaf, SNA, FFAP) « appellent le gouvernement à honorer ses engagements et à appliquer strictement les recommandations de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour la protection des pollinisateurs », dans un communiqué séparé. En février 2019, l’Anses recommandait d’élargir l’interdiction de traiter les arbres et cultures où butinent les abeilles avec des insecticides et des acaricides (contre les acariens) pendant la période de floraison et de production d’exsudats (liquide produit par les végétaux) à l’ensemble des produits phytopharmaceutiques pulvérisés pendant la floraison ou appliqués avant celle-ci, mais ayant un effet persistant. En cas de dérogations, l’Anses préconisait de les soumettre à « la réalisation de nouveaux essais ».

Les néonicotinoïdes à nouveau autorisés

Selon Générations futures et les syndicats d’apiculteurs, le principal syndicat agricole, la FNSEA, fait pression pour s’opposer à de nouvelles interdictions. La fédération critique de son côté une « absence de réelle concertation » de la part du gouvernement. Elle propose des implantations de cultures mellifères quand les pollinisateurs en ont besoin, « des actions préventives de protection des ruches » ou encore « des outils de dialogue » entre agriculteurs et apiculteurs. Le syndicat met en garde contre l’obligation pour les agriculteurs de travailler de nuit et « de nouvelles distorsions de concurrence ». La FNSEA en appelle au Premier ministre Jean Castex, avertissant que « sans réponse, le terrain s’exprimera ».

Le gouvernement s’était engagé cet été à présenter ce plan pollinisateurs, au moment où il avait annoncé la réintroduction temporaire des insecticides néonicotinoïdes, qualifiés de « tueurs d’abeilles », pour la culture de la betterave. La loi réautorisant pendant trois ans l’utilisation de semences de betteraves à sucre enrobées d’insecticides néonicotinoïdes est parue mardi au Journal officiel (JO).