Conseil national de la mer et littoraux

Première étape pour la planification de l’éolien en mer


AFP le 05/12/2022 à 15:34

Le gouvernement a lancé lundi avec les acteurs de la mer un processus de planification des façades maritimes françaises, avec au coeur de cet objectif le déploiement de l'éolien en mer.

Un Conseil national de la mer et des littoraux (CNML) de 52 membres – pêcheurs, transporteurs, énergéticiens, associations environnementales, élus et autres acteurs concernés – a été installé par le secrétaire d’Etat chargé de la Mer, Hervé Berville. Cette planification sera déclinée par façades.

Elle « devra s’articuler avec les démarches de développement portées par les collectivités, à la fois en termes industriels, d’infrastructures et d’emploi, et aura notamment vocation à aborder la question de la localisation des parcs éoliens en mer », explique le secrétariat d’Etat.

Le CNML organisera des ateliers début 2023, une « concertation large » qui devra déboucher sur « des orientations stratégiques partagées », en cohérence aussi avec la feuille de route énergétique que la France doit se fixer l’an prochain, a-t-on ajouté.

« L’objectif est de capitaliser sur les enjeux maritimes, de protection des océans, de transports, du tourisme, de l’économie, de la pêche et de la conchyliculture, et maintenant énergétiques », indique-t-on au cabinet du secrétariat d’Etat.

Il faudra « reprendre tous les enjeux identifiés, et voir comment accélérer pour aboutir sur tous ces thèmes », ajoute-t-on.

Une fois ces travaux « informels » aboutis en 2023, l’idée est d’« enchaîner avec des séquences plus juridiques, avec les débats publics » par façades sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), précise cette source.

Ce processus produira des « documents stratégiques de façades », priorisant les activités, avec modes opératoires et cartographies, « moins précis que les PLU mais par exemple, là où se situeront des zones assez précises pour l’éolien en mer, les couloirs maritimes, les zones marines protégées… » Les acteurs de l’éolien réclament une planification des zones de développement, plutôt que des appels d’offres par à-coups, pour pouvoir tenir le rythme de déploiement répondant aux objectifs du pays.

Qu’il y ait relance du nucléaire ou pas, tous les scénarios énergétiques prévoient pour la France un fort essor de l’éolien marin, pour faire face à la croissance des besoins électriques et au réchauffement climatique (neutralité carbone en 2050). Pour RTE, le gestionnaire du réseau haute tension, il en faudrait à cet horizon 22 à 62 gigawatts (GW) selon le bouquet choisi.

Le président Emmanuel Macron soutient le cap de 40 GW, soit environ 50 parcs.

En France, sept parcs (3,6 GW au total) ont à ce jour été attribués à des opérateurs, dont le tout premier, face à Saint-Nazaire, vient d’être inauguré, 10 ans après son attribution.