Pourquoi le taux d’investissement agricole a-t-il autant augmenté en 30 ans ?


TNC le 03/11/2026 à 17:00
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En 2020-2024, 65,5 % de la FBCF est consacrée à l'acquisition d'engins agricoles. (© Adobe Stock_That French Bloke)

En trois décennies, le taux d’investissement dans le secteur agricole est passé de 23,4 % à 37,5 %, une progression inédite au regard des autres secteurs d’activité non financiers. Cette dynamique s’explique principalement par le poids croissant des investissements dans les machines, notamment spécialisées.

Entre la période 1990-1994 et celle de 2020-2024, le taux d’investissement agricole, qui rapporte la formation brute de capital fixe (FBCF) à la valeur ajoutée, est passé de 23,4 % à 37,5 %, constate l’Insee, dans une publication consacrée à l’investissement agricole depuis 1990.

Il y a trente ans, le taux d’investissement dans la branche agricole, à 23,4 %, était de 4 points supérieur à celui de l’ensemble des entreprises non financières. Mais depuis, il a progressé de 14 points, quand celui des entreprises non financières n’a augmenté que de 2,7 points.

Des évolutions majeures du métier et du modèle agricole expliquent cette progression, à savoir un recours accru à la mécanisation, et une diminution de plus de 50 % de l’emploi agricole non salarié (en recul de 65,9 % tandis que l’emploi salarié accuse une baisse de 8,9 % sur la même période).

Un investissement tiré à la hausse par les machines agricoles spécialisées

Ainsi, en moyenne sur les années 2020 à 2024, la FBCF est consacrée à 64,5 % à l’achat d’engins agricoles, 20,8 % de bâtiments, 8,4 % de produits agricoles, 2,0 % d’équipements divers (hangars métalliques, matériel informatique, logiciels) et 4,3 % à des coûts de transfert de propriété d’actifs non produits, précise l’Insee.

On constate, au cours de cette période, une nette augmentation des achats annuels de machines spécialisées (équipements de culture, de récolte ou d’élevage), à hauteur de + 49,8 % en volume, tandis que ceux de tracteurs et véhicules, poste d’investissement auparavant le plus lourd, progressent de + 20,1 %. Les machines spécialisées représentent désormais, en 2020-2024, 41,0 % de la FBCF. Néanmoins, cette hausse « a surtout été tirée par les prix qui ont augmenté de 62,3 %, quand les volumes s’accroissaient de 16,5 % », précise la publication.

« La FBCF en bâtiments et celle en hangars métalliques ont légèrement diminué en volume. Le prix des bâtiments s’est accru de 81,9 %, plus que celui des hangars métalliques (+ 65,5 %) », indique également l’Insee. En parallèle, la part de l’informatique reste peu significative dans les investissements : si elle est désormais beaucoup plus présente qu’en 1990-1994, le prix des matériels a largement reculé en 30 ans. Ce poste ne représente que 0,9 % de la FBCF en 2020-2024.

A noter également que les coûts des transferts de propriété ont progressé en volume de 30,8 %, et en prix de 128,5 %.

Les auteurs relèvent, en parallèle, une chute des volumes et une hausse des prix pour ce qui est de la FCBF en plantations (vignes et vergers). La FBCF en bétail accuse elle aussi des volumes en diminution : c’est d’ailleurs le poste de la FBCF qui recule le plus en volume, en lien avec la décapitalisation.