Conséquences du Covid

Peu impacté, le groupe Avril maintient son cap


TNC le 15/06/2020 à 16:02
Le Covid a impacté l'activité biocarburants du groupe Avril, mais ce dernier poursuit le plan stratégique adopté (©Avril/TNC)

Le Covid a impacté l'activité biocarburants du groupe Avril, mais ce dernier poursuit le plan stratégique adopté (©Avril/TNC)

Si le confinement a eu des conséquences économiques sur l’activité biocarburants du groupe Avril, le plan stratégique reste maintenu, a expliqué son dirigeant, qui a annoncé le lancement d’une usine d’extraction de protéines de colza en Normandie.

Les restrictions qui ont pesé sur la restauration collective et commerciale ont challengé les entreprises de la transformation et de la distribution qui, à l’image du groupe Avril, ont dû s’adapter au report de la consommation hors foyer vers la consommation à domicile. « Sur le marché des huiles alimentaires, il y a eu une surconsommation de 20 à 30 % dans les grandes surfaces pendant les huit semaines du confinement », a expliqué Jean-Philippe Puig, directeur général d’Avril, aux journalistes de l’Afja le 12 juin. Ce qui correspond à des millions de bouteilles supplémentaires à produire, explique le dirigeant du groupe qui possède notamment les marques Lesieur et Puget.

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Pour les œufs, qui ont connu une hausse de consommation comparable, le défi a en revanche été plus difficile à relever. « On ne peut pas demander aux poules de pondre plus vite, on a manqué d’œufs dans les rayons, malgré la réorientation des œufs de la restauration hors foyer (NDLR : moins calibrés, et dont on casse les coquilles) vers la grande distribution ». Si la grande distribution s’est montrée plus flexible sur les calibres, le manque d’emballage a, comme pour la farine, constitué un vrai sujet de difficulté.

Un impact économique « substantiel » sur l’activité biocarburants

En revanche, les conséquences économiques seront importantes pour le secteur des biocarburants. « Il y a eu jusqu’à 50 à 70 % de baisse de consommation du diesel avec le confinement, une baisse conjuguée à un phénomène qui avait démarré un peu avant la crise : la chute du cours du pétrole, qui s’est ensuite accentuée ces dernières semaines », explique Jean-Philippe Puig. « Aujourd’hui, à 40 dollars, on a un vrai sujet de rentabilité, et on a les silos pleins », poursuit-il. Et si le biocarburant n’est pas rentable en ce moment, « pour autant, nous faisons du tourteau, et notre obligation c’est de continuer à faire cette partie solide pour nourrir les animaux », ajoute le directeur du groupe, qui explique que des ventes à perte ont donc été nécessaires pour maintenir l’activité alimentation animale. « L’impact économique va être substantiel sur 2020 », indique-t-il.

Poursuite de la stratégie et nouveaux investissements

En dépit de cette crise imprévue, « les grandes décisions structurantes ne sont pas remises en cause », assure Jean-Philippe Puig. Ainsi, via Sofiprotéol, fonds d’investissement du groupe Avril, une participation a été prise dans la société autrichienne Vegini, qui fabrique des produits végétariens et vegans à base de pois.

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Par ailleurs, la création d’une usine d’extraction de protéines de colza devrait être annoncée officiellement « dans le courant du mois de juillet », annonce Jean-Philippe Puig, précisant que cette usine, prévue à Dieppe, serait « une première mondiale ». Le projet est en partenariat avec le groupe néerlandais DSM, leader mondial de la fabrication d’ingrédients pour les industries de la nutrition animale, alimentaires, et pharmaceutiques. Pour le moment, cette future usine ne devrait produire que 6 000 à 7 000 tonnes de protéines, mais les perspectives sont très intéressantes, dans la mesure où la protéine de colza est moins contraignante à incorporer dans les aliments que la protéine de soja, qui réagit différemment en fonction du l’acidité. Ce nouveau débouché pourrait donc représenter un potentiel pour les agriculteurs français…

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