Brexit

Pas possible d’avoir une « discussion qui s’éternise » selon Le Drian


AFP le 07/03/2019 à 18:35

Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé jeudi à Brest qu'il n'était pas possible d'avoir « une discussion qui s'éternise à longueur de semaines » avec les Britanniques à propos du Brexit.

« Le temps presse », a-t-il assuré, alors que l’accord de retrait doit être de nouveau soumis au vote des députés britanniques mardi. « La date butoir, c’est le 29 mars et si, d’aventure, il y avait une demande d’une nouvelle discussion, il faudrait dire sur quoi parce que on ne peut pas avoir une discussion qui s’éternise à longueur de semaines », a-t-il assuré.

Londres n’a pas obtenu à ce stade les concessions de l’UE dont la Grande-Bretagne estime qu’elles pourront faire pencher la balance en faveur du texte, rejeté en janvier. Cependant, les discussions entre Londres et Bruxelles pour sortir de l’impasse doivent reprendre ce week-end, a déclaré au Parlement l’attorney général Geoffrey Cox, chargé de conseiller juridiquement le gouvernement britannique.

« Nous sommes dans une situation pour l’instant toujours très floue », a regretté le ministre français au terme d’une réunion de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) à Brest et avant de se rendre à Roscoff (Finistère) dans l’après-midi pour y rencontrer des pécheurs et des transporteurs maritimes.

Un Brexit sans accord entraînerait le retour des contrôles douaniers, ce qui fait craindre un fort ralentissement du trafic entre les deux pays. Cependant, Jean-Yves Le Drian s’est dit « rassuré » sur ce point après une rencontre à Roscoff avec Jean-Marc Roué, à la tête de la compagnie Brittany Ferries, et des délégués syndicaux des douanes. « Il y a quelques demandes de moyens supplémentaires de la part des organisations syndicales et aussi des transporteurs (comme) Brittany Ferries, mais globalement on sera à même de gérer cette situation si d’aventure elle se produisait », a-t-il assuré a propos de l’éventualité d’un Brexit sans accord. Cette visite intervenait alors que les douaniers de Calais et Dunkerque observent depuis lundi une grève du zèle, provoquant d’importantes perturbations, pour demander plus de moyens pour faire face au Brexit, mouvement qui s’est étendu jeudi aux agents des douanes de la gare du Nord à Paris au départ des Eurostar.

Le ministre breton avait auparavant visité la criée de Roscoff et rencontré des caseyeurs inquiets des conséquences d’un Brexit dur. « Nous avons 50 % de nos bateaux qui travaillent dans les eaux anglaises et à partir du mois d’avril ils ne vont plus savoir où aller », a expliqué à l’AFP Yannick Calvez, caseyeur et président du comité des pêches du Finistère. « J’ai pris en considération leurs problèmes », a assuré Jean-Yves Le Drian.